Biographie du Fondateur

 

Ecrit par Nicolas DE ARAUJO

 

O Senseï Morihei UESHIBA (1883-1969)

 

LA JEUNESSE DU FONDATEUR

Morihei UESHIBA est né le 14 décembre 1883 à Tanabe, dans la préfecture de Wakayama. Il était le quatrième enfant et le fils aîné de Yoroku UESHIBA, un fermier aisé et respecté qui siégea 20 ans au conseil du village. Sa mère Yuki ITOKAWA venait d’une famille de propriétaire terriens d’ascendance noble. Vers l’âge de 7 ans, il fut envoyé à Jizodera, un temple bouddhiste proche de la secte Shingon, pour y étudier les textes confucianistes et les écrits bouddhiques. Il se passionna rapidement pour ces récits merveilleux. Etant un enfant de faible constitution et souvent malade, son père l’encourageait à étudier le Sumo et la natation. Après une scolarité normale, il termine ses études à l’institut Abacus de Yoshida. Peu de temps après il trouvait un travail à l’office des impôts de Tanabe au service des revenus fonciers. En 1902, il rejoint un mouvement de protestation populaire contre la législation sur la pêche, puis il finit par démissionner de l’administration. Durant cette période Morihei s’entraînait à Sakai, au dojo de Masakatsu NAKAI (descendant de la famille Yagyu), ou il étudiait l’école Goto du Yagyu-ryu jujutsu. Le fondateur confia plus tard que nombre de mouvements de mains ou de déplacements de pied utilisés en Aïkido sont les vestiges de ses études de cette école.

Il décide de se lancer dans les affaires en partant pour Tokyo. Là-bas, il ouvre son propre magasin : les Etablissements UESHIBA, une librairie et papeterie scolaire. Malheureusement une terrible crise de béribéri le terrasse la même année. Il est contraint de revenir à Tanabe. Peu après son retour, il épouse Hatsu ITOKAWA qu’il connaissait depuis son enfance. Ce fut à l’occasion de son séjour à Tokyo qu’il débuta l’étude du jujutsu « Tengin Shinyo-ryu » dirigé par Tokusaburo TOJAWA Sensei, et le Kenjutsu de l’école « Shinkage ».

 

L'ENGAGEMENT DANS L'ARMEE

En 1903, Morihei réussit à s’engager dans un régiment d’infanterie malgré sa petite taille (1,55m). Il fut incorporé dans l’armée au 37ème régiment de la quatrième division d’Osaka. Il se distingue par son habilité à la baïonnette (Juken jutsu). L’année suivante la guerre éclate avec la Russie, il est envoyé en Mandchourie comme caporal, il en reviendra avec le grade de sergent. A son retour il fut stationné  à Hamdera. Il put ainsi reprendre ses visites à Maître NAKAI pendant sont temps libre et obtenir le diplôme de la Yagyu Ryu en juillet 1908. 

 

L'ETABLISSEMENT A HOKKAIDO

Libéré de l’armée en 1907, il retourne à Tanabe pour travailler dans la ferme familiale. Durant les trois années qui suivirent son retour, il se plongea dans toutes sortes d’activités. Il s'essaya même au Judo pendant quelque temps lorsque son père fit venir pour la jeunesse locale un jeune instructeur 3ème Dan du Kodokan : Kiyochi TOKAGI (il deviendra 9ème Dan). Cependant, Morihei ne souhaitait pas se fixer définitivement à Tanabe. En 1910, alors que sa fille aînée Matsuko vient de naître, il s’intéresse à une nouvelle aventure. A cette époque, le gouvernement japonais offrait des aides pour encourager le peuplement de l'île peu-développée d'Hokkaido. Séduit par cette perspective nouvelle, Morihei organisa le déplacement de cinquante-quatre familles dans cette île en 1912. Finalement au mois de mai, le groupe s'installa dans une partie reculée du nord de l'île qui allait devenir le village de Shirataki. Cet endroit était encore inculte et les arrivants eurent à lutter contre des conditions atmosphériques difficiles. Le quotidien des colons à Shirataki était spartiate. Il était principalement consacré aux travaux agricoles et forestiers. Morihei se démena pour assurer le succès de la colonie. Il servit de guide à ses compatriotes de Tanabe, aida de nouvelles familles à s'établir et participa même un temps à la vie politique locale en tant que conseiller territorial.

 

RENCONTRE AVEC SOKAKU TAKEDA

En Février 1915, il fit la connaissance de Sokaku TAKEDA, le célèbre maître de Daito-ryu, dans une auberge à Engaru où il était lui-même de passage. Bien que Morihei UESHIBA, âgé de 32 ans, fût déjà très compétent en arts martiaux, il n'avait pas le niveau de Sokaku TAKEDA, alors dans la force de l'âge. Il s’entraîna intensément avec lui ; consacra beaucoup de temps et d'argent à l'apprentissage du Daito-ryu jujutsu et invita même le maître à vivre chez lui afin de pouvoir bénéficier de cours particuliers. Morihei devint l'un des meilleurs élèves de TAKEDA et l'accompagna parfois lorsqu'il voyageait pour enseigner dans divers endroits de l'île. Durant son séjour à Hokkaïdo, Morihei UESHIBA reçut un diplôme d'instruction du premier degré du Daito-ryu et acquit une maîtrise remarquable de cet art martial. L'enseignement du Daito-ryu qui lui fut transmis comprenait plusieurs centaines de techniques sophistiquées, composées entre autre de clés et d'immobilisations. Sokaku TAKEDA avait développé un talent particulier appelé "aïki", grâce auquel il pouvait contrôler "l'esprit" d'un adversaire et neutraliser ainsi son agression. Il était également expert au maniement des armes telles que le sabre, le shuriken ou l'éventail en acier. Les techniques de jujutsu de Maître TAKEDA allaient devenir la base de presque tous les mouvements d'aïkido, et leurs influences sur l'art martial qu'allait créer Morihei UESHIBA est évidente. 1917 vit la naissance de son fils aîné Takamori. A la mi-novembre 1919, Morihei eu la douleur d’apprendre que son père était gravement malade. Il abandonna Hokkaido pour retourner à Tanabe, mettant ainsi fin à une aventure de huit années. Il abandonna sa modeste demeure de Shirataki, ainsi que ses meubles à Sokaku. Il partit pour ne jamais revenir à Hokkaido et se précipita au chevet de son père mourant.

 

RENCONTRE AVEC ONISABURO DEGUCHI

Pendant son voyage, Morihei appris que Onisaburo DEGUCHI, maître spirituel d’une secte en pleine expansion : Omoto-kyo, et célèbre pour son chinkon kishin (ascète mentale qui doit conduire à la sérénité et rapprocher du divin) se trouvait près de Ayabe. Il se senti le besoin d’aller le voir pour lui demander de prier pour son père. Il resta à ses côtés jusqu’au 28 décembre. Ces mots firent sur lui une impression profonde. Yoruku UESHIBA décéda le 2 janvier 1920 à l’age de 76 ans. Sa mort fut un coup très rude pour Morihei. Il connut une période de confusion intérieur et d’instabilité émotionnelle. A la recherche d’une vie plus spirituelle il décida de rejoindre le révérand DEGUCHI à Ayabe avec toute sa famille. Il commença une nouvelle vie parmi les adeptes de cette religion ou il restera pendant huit années. Durant tout ce temps, il eu la confiance du maître et participa à de nombreux exercices et pratique spirituelle de la secte. Très vite, avec l’assentiment du révérend, il transforma une partie de son habitation en dojo et ouvrit « l’académie UESHIBA » où il enseigna le Daito-ryu jujutsu aux adeptes Omoto-Kyo. Sa première année à Ayabe fut à nouveau marqué par une tragédie personnelle : il perdit ses deux fils de maladies infantiles : Takemori (trois ans) mourut au mois d’août, et son second fils Kuniharu (un an) en septembre. Le nombre d’adeptes de l’Omoto-kyo qui venait s’entraîner augmenta régulièrement, et l’académie UESHIBA fut bientôt reconnue et réputée. Mais le 11 février 1921, les autorités décidèrent de supprimer la secte et plusieurs de ses membres, dont Onisaburo DEGUCHI, furent arrêtés. Heureusement, cet incident n’eut pas de répercussion sur l’académie. 1921 voit la naissance d’un troisième garçon : Kisshomaru. Pendant cette période, il reçoit a plusieurs reprises Sokaku TAKEDA, qui lui délivrera un diplôme d’enseignement. Pendant les deux années qui suivirent, Morihei aide Onisaburo, qui avait été remis en liberté sous caution, à reconstruire l'Omoto-kyo. Tout en continuant d’enseigner à l’académie, il pris la charge d’exploiter neuf cent tsubo de terres. De cette façon, il avait trouvé la parfaite cohérence qu’il recherchait. Il avait toujours été persuadé de l’intimité profonde entre les arts martiaux et la travail de la terre.  A partir de cette période, sa pratique devint plus spirituelle et il se plongea de plus en plus dans l’étude de Kotodama. Il s’éloigna des traditions du Yagyu-ryu et du Daito-ryu, pour développer une approcher personnelle et en 1922 il nomma son art Ueshiba-ryu Aiki-bujutsu. 

 

L'AVENTURE EN MONGOLIE

En février 1924, accompagné par un petit groupe de proches dont Morihei UESHIBA, le réverand DEGUCHI part instaurer un état religieux en Mongolie, espérant créer la-bas un paradis terrestre. Malheureusement en ce temps-là, la Chine était déchirée par d'incessantes guerres intestines et a leur arrivé à la frontière, il furent arrêtés par un seigneur chinois et condamnés à être exécutés.  Leur aventure ne dura que cinq mois et ils durent leur salut à l’intervention in-extremis d’un membre du consulat japonais. Il réussit à obtenir leur libération et s’occupa de leur retour au Japon. Morihei fut profondément marqué par son expérience face à la mort et cela conditionna beaucoup de choses dans son développement intérieur.

 

LE RETOUR AU JAPON ET LES DEBUTS DE L'AIKI BUDO

 

De retour à Ayabe il repris le cours normale de sa vie, l’enseignement à l’académie et le travail à la ferme. Au printemps 1925, Morihei affronte un maître de Kendo qui le défie. Il accepte et gagne sans avoir eu à combattre ; il avait visualisé la trajectoire des coups à l’avance évitant ainsi toutes les attaques. C’est après ce duel qu’il a une « révélation » et décide de changer le nom de son art passant de Aiki-bujutsu (technique martial de l’aiki) à Aiki-budo (voie martiale de l’aiki). Ce qui en change profondément l’esprit. Quand l’aiki-budo pris son essor, il commença à toucher un nouveau public et attira des adeptes célèbres. Il comptait un certain nombre d'officiers de la Marine parmi ses élèves, le plus éminent d'entre eux étant l'amiral Seikyo ASANO, lui aussi adepte de la religion Omoto. L’amiral ASANO fit des éloges sur Morihei UESHIBA auprès de ses collègues de la Marine et encouragea un autre amiral, Isamu TAKESHITA, à venir spécialement à Ayabe afin d'y découvrir l'art martial de Morihei. L'amiral TAKESHITA fut fortement impressionné et des dispositions furent bientôt prises pour que Morihei puisse faire des démonstrations et diriger des stages à Tokyo. Parmi les protecteurs de Maître UESHIBA se trouvait également Gombei YAMAMOTO, Amiral en retraite, qui avait été premier ministre du Japon à deux reprises. Ses aptitudes exceptionnelles en jujutsu et son charisme firent de Morihei un instructeur très apprécié au sein de l'élite militaire et politique de Tokyo, ce qui l'amena à se rendre trois fois dans la capitale entre 1925 et 1927. Finalement, avec l’accord du révérend DEGUCHI, il décida de s'établir à Tokyo avec sa famille dans le but d'y enseigner à plein temps.

 

L'ETABLISSEMENT A TOKYO

Dans les premières années qui suivirent son installation à Tokyo, il enseigna dans les résidences privées de plusieurs de ses protecteurs. Et après trois années de logement temporaire, il s’installe dans le Wakamatsu-Cho, et débute la construction d’un nouveau dojo. C’est en 1930 qu’il reçoit la visite de Maître Jigoro KANO, le fondateur du Judo. Celui-ci fut très impressionné par le travail de Maître UESHIBA, le félicita chaleureusement et lui confia deux de ses élèves : Jiro TAKEDA et Minoru MOCHIZUKI. Durant la même année et sur la demande du major général Makoto MIURA (un de ses élève), Morihei devint instructeur à l’Académie Militaire de TOYAMA. L'Amiral TAKESHITA, qui était lui-même passionné d'arts martiaux était un partisan du fondateur particulièrement actif. Il avait étudié le Daito-ryu pendant plus de dix ans et donnait des cours dans sa propre demeure. Il se donna beaucoup de mal pour faire connaître Morihei  et son art martial dans les milieux concernés. Il est indéniable que le fondateur de l'Aïkido n'aurait pu connaître un tel succès à Tokyo sans l'appui de ce dernier. En avril 1931, grâce aux efforts de l’Amiral TAKESHITA et d'autres personnes, une collecte de fonds permit l'ouverture d'un centre d'entraînement à plein temps, le dojo du Kobukan. Il était situé dans Shinjuku, un quartier commercial animé de Tokyo, à l'endroit même où est installé aujourd'hui le siège de l'Aïkikaï. Ce fut l’époque de Noriaki INOUE, Kenji TOMIKI, Hisao KAMADA, Hajime IWATA, Kaoru FUNAHASHI, Aritoshi MURASHIGE, Tsutomu YUKAWA, Shigemi YONEKAWA, Zenzaburo AKAZAWA, Rinjiro SHIRATA, Yoshio SUGINO, Takako KUNIGOSHI et Gozo SHIODA. Pendant les dix premières années, l’aiki-budo connut sa première période faste. C’est pendant cette période que le Kobukan fut surnommer « le dojo de l’enfer » pour l’intensité de ses entraînements. Morihei eu beaucoup de travail à cette époque, il enseignait au Kobukan mais également dans d’autres dojos de Tokyo et d’Osaka, dans les postes de polices d’Osaka et dans certaines grandes entreprises. Au cours de toute cette période, Morihei conserva des liens étroits avec Onisaburo et la religion Omoto. En fait, "La société pour la promotion des arts martiaux", établie sous les auspices de la religion Omoto à l'instigation de Onisaburo, avait été créée dans le but de promouvoir l'action de Morihei dans les arts martiaux. Il en était d’ailleurs le Président. Des antennes de cette école avaient été établies dans tout le Japon et des stages d'entraînement étaient organisés, d'ordinaire en parallèle avec les réunions locales de la religion Omoto. Ce type d'organisation prévalut de 1931 à la fin de 1935, date à laquelle la religion Omoto fut brusquement interdite par le gouvernement militaire japonais. Vers le milieu des années 30, Morihei était devenu célèbre, il était connu dans tout le pays comme un des plus grands maîtres d’arts martiaux. A cette époque il est engagé pour enseigné les arts martiaux dans différentes académies militaires comme l’école d’espions de Nakano, ou encore l’école navale…Durant cette période il pratique intensément le Kendo, et de nombreux pratiquants fréquentent le Kobukan comme Kiyoshi NAKAKURA qui deviendra son gendre en 1932. En Septembre 1939, il est invité en Mandchourie pour faire une démonstration publique. Il fit son dernier voyage en Mandchourie en 1942, pour le dixième anniversaire de la création du Mandchoukouo. Ce jour là, il effectua sa démonstration en la présence de l’Empereur Pu’Yi

 

LA VIE A IWAMA

 

En 1940, le Kobukan fut reconnue par le Ministère de la santé. Le premier Président fut l’Amiral TAKESHITA. Mais à cause des troubles de la guerre du pacifique, les élèves partirent au front les uns après les autres. En 1942, Morihei tombe malade à la suite d’une grave affection intestinale. Il décide de se retirer à Iwama, un village situé dans la préfecture d’Ibaraki  ; il y avait acheté des terres quelques années auparavant. Il démissionne de ses charges officielles et confie l’organisation du Kobukan à son fils Kisshomaru. A iwama, il commence la construction d’un ensemble comprenant l’autel de l’Aiki (Aiki Jinja) et un dojo extérieur. Il fut achevé en 1945 juste avant la fin de la guerre. Il planifia lui-même la structure de cet ensemble, selon les principes du Kotodama. Loin de l'agitation qui régnait à Tokyo en raison de la guerre, il s'investit dans l'agriculture, l'entraînement et la méditation. C’est à cette époque troublée que l'art du fondateur est renommée « Aikido » par le Daï Nihon Butokukaï, un organisme d'état qui régule la pratique des arts martiaux. Ces années passées à Iwama s'avérèrent décisives pour le développement de son art. Libre comme jamais auparavant de continuer son étude du Budo avec toute la concentration requise, Morihei s'investit totalement dans un entraînement intensif et dans la prière afin de pouvoir perfectionner encore sa création dédiée à la résolution pacifique des conflits. Après s'être retiré quelques années à Iwama, le fondateur commença à approfondir l'étude du sabre et du bâton. Il définit également le concept de Takemusu Aiki, qui correspond à l'exécution spontanée d'une infinité de techniques totalement adaptées à la situation du moment.

 

LA FIN DE LA GUERRE

Lorsque la guerre prit fin, de nombreux Japonais souffraient de pauvreté et consacraient la plupart de leur temps à chercher de la nourriture pour survivre. A cette époque, le fondateur avait peu d'élèves à Iwama, même si Koichi TOHEI et Tadashi ABE étaient restés auprès de lui durant cette période. Ses disciples d'avant-guerre s'étaient trouvés dispersés dans tout le sud-est asiatique et nombre d'entre eux n'avaient pas encore été rapatriés. C’est à l’été 1946, que Morihiro SAITO débute l’étude de l’Aïkido, il deviendra par la suite le gardien du temple et du dojo d’Iwama. Évidemment les arts martiaux connurent une période de déclin, l’Aïkido aussi. Mais le fondateur ne s’en préoccupa jamais, parfaitement confiant dans l’avenir de sa discipline. En février 1948, le ministère de l’éducation autorisa le rétablissement du Kobukan.

 

L'AIKIKAI UN NOUVEL AGE D'OR

 

Au début des années cinquante, Morihei UESHIBA se mit à quitter plus souvent sa maiso d'iwama. Il était très sollicité pour enseigner, effectuer des démonstrations ou bien des conférences sur son art. En 1954, le dojo de Tokyo prit le titre officiel de « Fondation Aikikaï » : le Hombu Dojo de l’Aïkido. En septembre 1956, l’Aikikai effectua à Tokyo la première démonstration d’arts martiaux en public depuis la fin de la guerre. Elle dura cinq jours et eu un grand retentissement auprès des dignitaires étrangers. C’est ainsi que l’Aïkido s’installa sensiblement dans les consciences. A partir de ce moment l’Aïkido se développa partout dans la monde et entra dans un nouvel age d’or. Ce fut l’époque de Hirokazu KOBAYASHI, Sadateru ARIKAWA, Hiroshi TADA, Seigo YAMAGUCHI, Shoji NISHIO, Michio HIKITSUCHI, Seiseki ABE, Noboyushi TAMURA, Yasuo KOBAYASHI, Masamichi NORO puis Yoshimitsu YAMADA, Seichi SUGANO, Kazuo CHIBA, Mitsugi SAOTOME…Beaucoup d'élèves, qui commencèrent l'entraînement après la guerre et eurent l'occasion de voir le fondateur enseigner ou faire des démonstrations. Morihei était de nature optimiste et faisait souvent preuve de bonne humeur lorsqu'il enseignait ou faisait des démonstrations. Mias son côté contemplatif se révélait à d'autres moments, plus particulièrement lorsqu'il abordait le sens profond de l'Aïkido dans des cours ou lors d'enseignements informels. Toujours spontané, le fondateur se mettait parfois en colère s'il voyait des élèves pratiquer de façon dangereuse ou faire preuve de manque de sérieux dans l'entraînement. Ces différentes facettes de son caractère ont laissé des souvenirs inoubliables à tous ceux qui ont été en contact avec lui.

 

LES DERNIERES ANNEES DU FONDATEUR

 

Tandis qu’il vieillissait Morihei se retirait peu à peu de l’organisation de l’Aikikai. Continuant à apparaître en public. En janvier 1960, la télévision réalisa un film sur le fondateur intitulé "le maître de l’Aïkido". La même année, il fut honoré du Shijuhosho par l’Empereur HIROHITO. Fait exceptionnel et très rare dans le monde des arts martiaux. Le 7 août 1962, un grand festival fut organisé au temple Aïki d’iwama pour célébrer les 60 ans de pratique de Maître UESHIBA. En 1964, il reçut une distinction spéciale de l’Empereur pour sa contribution exceptionnelle aux arts martiaux. Dans ses dernières années, lorsque sa santé commença à se dégrader, Morihei passa une grande partie de son temps à Tokyo. Incapable de se mouvoir aussi rapidement et librement que lorsqu'il était plus jeune, le fondateur adapta sa pratique. Beaucoup de ses techniques se raccourcirent. Il projetait fréquemment ses jeunes et puissants élèves d'un geste rapide ou d'un petit mouvement de main, parfois même sans les toucher. En 1968, le fondateur fit encore deux démonstrations pour célébrer l’ouverture du nouveau Hombu Dojo. Ce fut ses dernières démonstrations publiques au service de l’Aïkido. Il décède d'un cancer du foie le 26 avril 1969 à l’age de 86 ans. Sa femme Hatsu meurt à son tour deux mois plus tard.

Ses cendres furent enterrées dans le temple de la famille UESHIBA à Tanabe, les mèches de ses cheveux furent conservé comme reliques sur l’autel Aiki à Iwama, au cimetière familial de Ayabe et au grand autel Kumano.

 

 

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