Minoru Mochizuki, le précurseur de l’Aïkido en Europe

Par Nicolas DE ARAUJO

 

   

 

Version intégrale de la biographie parue dans le magazine Self & Dragon Spécial Aïkido n°2 de Juillet 2020.

 

Minoru Mochizuki fut une figure importante des arts martiaux du vingtième siècle. Disciple des plus grands maîtres de son époque, il étudia le Judo auprès de Jigoro Kano et de Kyuzo Mifune et l’Aïkido sous la direction de Morihei Ueshiba. Elève interne au Kobukan dojo dès son ouverture, au début des années trente, Minoru Mochizuki fut l’un des premiers disciples du fondateur. Précurseur de l’Aïkido en Europe, et plus particulièrement en France, il contribua au développement des Budos Japonais sur le vieux continent.

 

Minoru Mochizuki (望月稔) voit le jour le 7 Avril 1907 à Shizuoka. Chef-lieu de la préfecture du même nom, cette ville édifiée en bordure de l’océan pacifique, au sud-ouest de Tokyo, est le berceau historique du célèbre wasabi.

Son grand-père était le dernier descendant d’officier du clan de samouraï Takeda Shingen et enseignait le Itto-ryu, une méthode complète d’arts martiaux traditionnels japonais, héritée du clan Tokugawa. Miozo (Chiyozo). Son père était, en revanche, un éleveur paysan qui fut d'abord l'élève du grand-père avant de devenir son gendre et de prendre son nom.

Cinquième d’une fratrie de douze enfants, le jeune Minoru grandit dans un environnement propice aux arts martiaux. En effet, son frère Kane-ichi est champion régional de Sumo et son frère Sadao est un pratiquant talentueux de Kyudo.

 

Débuts martiaux

Le cheptel de veaux de ses parents est décimé par une maladie en 1912. La famille est alors contrainte de déménager à Tokyo pour suivre son père, à la recherche d’un nouveau travail. Agé seulement de cinq ans, le jeune Minoru commence l'étude du Judo, dans le dojo de Maître Takebe, situé jusqu’à côté du domicile familial.

Deux ans plus tard, la fratrie déménage à nouveau dans une autre partie de la capitale. Passionné par les arts martiaux, le jeune Minoru est attristé de quitter son maître. Par chance, un dojo de Kendo est situé juste à côté de sa nouvelle maison, ce qui lui permet de débuter la pratique de cet art.

Poursuivant ses études secondaires, Minoru décide de reprendre la pratique du Judo. En 1924, il s’inscrit au Kendokan, le dojo du célèbre Sanpo Toku. Personnage singulier, exclu du Kodokan en 1912 pour avoir blessé plusieurs marins brésiliens au cours d’un duel, il est considéré comme l’un des judokas les plus forts de son temps. Budoka puissant, il est également expert en Kendo et en Karaté.

En parallèle des cours de maître Toku, Minoru étudie une forme ancienne de Jujutsu appelée Gyokushin-Ryu, auprès du maître Sanjuro Oshima. Ce système utilise des techniques aux formes circulaires ainsi que de nombreux sutemi.

Le jeune Minoru étudie également le Kendo auprès d’un ancien samouraï qui avait combattu lors la bataille d’Ueno à l’âge de treize ans.

 

Assistant de Kyuzo Mifune au Kodokan

En mai 1926, un nouveau déménagement lui permet de s’inscrire au Kodokan, le centre mondial du Judo fondé par maître Kano. Compétiteur de talent, il bat régulièrement des ceintures noires et reçoit son grade de premier dan en juin, à l’âge de 19 ans. Il est ensuite nommé deuxième dan six mois plus tard.

Doté d’une grande force de caractère, le jeune homme participe au Kangeiko, sans un seul jour d’absence. Pour participer à cet entraînement intensif d’hiver, qui dure un mois entier et se déroule sans chauffage dès quatre heures du matin, Minoru doit quitter le domicile de sa sœur, où il est hébergé, dès minuit. En effet, cette dernière vit à Tsurumi et Minoru doit parcourir une grande distance à pied, pour rejoindre le Kodokan car les trains ne circulent pas à cet horaire très matinal.

Un matin à l'extérieur du Kodokan, n'ayant pas trouvé le seau d’eau qu'il avait l'habitude d'utiliser pour laver la sueur accumulée pendant sa vigoureuse marche de nuit, Minoru brise la glace du puit et saute dedans pour se rincer. Il est alors surpris par le maître Kyuzo Mifune, qui lui demande « que diable es-tu en train de faire ? ». Minoru lui explique alors sa longue marche journalière depuis Tsurumi. Bien qu’il accueille déjà plusieurs étudiants, le généreux maître lui ordonne de venir dormir chez lui le soir même.

A partir de ce jour et avec l’accord de Toku Sensei, Minoru réside chez le maître Mifune en tant qu’uchi deshi puis assistant. Il profite ainsi de son expertise technique et de ses spécificités : les sutemis et le travail au sol par les étranglements (Shime Waza) et les clefs articulaires (Kansetsu Waza).

En 1928, Minoru participe aux entrainements intensifs d’hiver (Kangeiko) et d’été (Shyochugeiko) sans une seule journée d’absence. Réalisation exceptionnelle pour l’époque, il est promu troisième dan de Judo, seulement deux années après ses débuts au Kodokan.

 

L’influence de maitre Kano

Soucieux de préserver l’esprit des budos japonais, maître Kano décide de créer la Kobudo Kenkyukai (organisation pour l'étude, la présentation et le développement des arts martiaux classiques) en 1928. Il invite des experts de Kobudo au Kodokan,  afin d'initier les jeunes gradés judokas aux arts martiaux traditionnels et d'éviter ainsi que ceux-ci ne disparaissent.

Minoru, qui habite chez le maître Mifune, ressent le besoin d’entreprendre un développement spirituel. Il intègre alors le groupe et en devient le plus jeune membre, parmi une trentaine de champions, dont Yoshio Sugino et Jiro Takeda. Deuxième dan de Kendo, il connait déjà les techniques d’escrime, les déplacements et l’extension des bras. Sa pratique est différente des autres judokas. Au bout de quelques séances, il est remarqué par Kano Sensei qui lui demande alors de lui faire un rapport mensuel sur ses progrès car il « a l’étoffe d’un enseignant ».

Personnage visionnaire, Kano sensei met en place une formation de kinésithérapie / ostéopathie pour ses disciples judokas, dans la perspective d’une reconversion. Cette formation, qu’il nomme Judo Seifuku-Shi, est officialisée par un diplôme d’état. Le jeune Mochizuki a la chance de faire partie des bénéficiaires de cette formation paramédicale particulièrement judicieuse. 

En 1929, Minoru voit sa candidature acceptée pour participer à un stage sous la direction de maître Kano. Il passe avec succès l’épreuve de Katame no kata et a l’honneur de faire une démonstration, en tant qu’assistant du maître, devant de nombreux ambassadeurs étrangers.

 

Une pratique intense

Au sein de la Kobudo Kenkyukai, Minoru se passionne pour la pratique du Katori Shinto Ryu et ses douze disciplines. Quatre shihan de cette ancienne école, les maîtres Narimichi Tamai, Sozaemon Kuboki, Tanekichi Ito et Ichizo Shiina, viennent de Narita, pour enseigner deux fois par mois à Tokyo. Doué pour la pratique, Minoru se voit proposé d'épouser une descendante du soke de l'école, mort sans laisser d'héritier mâle et de devenir ainsi son successeur. Comme cette situation le conduit à s'établir à Narita et donc à quitter maître Kano, il refuse cette proposition.

En parallèle de ses activités liées au Judo, Minoru pratique intensément plusieurs disciplines martiales. Le Iaïdo et le Kendo avec maître Hakudo Nakamaya au dojo Yushinkan ainsi que le Shindo Muso-ryu Jojutsu auprès de Koji Shimizu Sensei.

Il étudie également, pendant une brève période, auprès du père du karaté moderne, Gichin Funakoshi sensei. Déçu par le contenu technique de l’enseignement, il décide d’arrêter la pratique au bout de trois mois.

 

La rencontre avec Maître Ueshiba

Grâce à une invitation de l’amiral Takeshita, maître Kano assiste à une démonstration de Morihei Ueshiba en octobre 1930. Impressionné par sa virtuosité, le fondateur du Judo propose de l’engager pour enseigner au Kodokan. Malgré le respect mutuel que se portent les deux hommes, Ueshiba sensei refuse la proposition mais accepte cependant d’enseigner à quelques judokas sélectionnés par Kano Sensei. Ce dernier sollicite alors, parmi ses meilleurs élèves, Jiro Takeda et Minoru Mochizuki pour étudier l’Aïki-jujutsu.

Âgé de vingt-trois ans, Minoru débute la pratique chez maître Ueshiba dans une maison privée du quartier Meijro, en attendant l’ouverture d’un véritable dojo. Pourtant vigoureux et expérimenté, Minoru se voit projeté avec facilité par le maître.

Budoka talentueux, Minoru s’investit dans la pratique et fait de rapides progrès. A la demande de maître Ueshiba, Jigoro Kano l’autorise à devenir son élève à résidence dans son futur dojo.

 

Superviseur des uchi deshi du Kobukan

Grâce aux efforts de l’Amiral Takeshita et de ses mécènes, l’ouverture d’un authentique dojo à Wakamatsu-cho, le quartier commercial de Tokyo, permet enfin d’accueillir un nombre d’élèves plus importants, en lien avec la réputation grandissante de maître Ueshiba.

L’inauguration officielle du Kobukan (le dojo du guerrier impérial) se déroule en avril 1931, en présence de l'amiral Seikyo Asano, de l'amiral Isamu Takeshita, du général Makoto Miura, du docteur Kenzo Futaki, de maître Ueshiba, sa famille et des premiers uchi deshi : Noriaki Inoue, Hisao Kamada, Ikkusai Iwata et Minoru Mochizuki.

Expérimenté et plus âgé, Minoru devient l’un des assistants d’O Sensei et le superviseur des « jeunes » uchi deshi. Très apprécié par le maître, il se voit proposer par l’Amiral Takeshita, d’épouser la fille d’Ueshiba sensei et de devenir ainsi son successeur et fils adoptif. Soucieux de ne pas quitter maître Kano, Minoru décline la proposition.

Mochizuki s'entraîne dur. Il pratique auprès d’Ueshiba sensei et l’accompagne dans les académies militaires. Il continue de rendre compte, une fois par mois, à maître Kano de ses progrès et de ses découvertes, tout en poursuivant sa formation de Judo au Kodokan et de Kendo chez maître Takano. 

 

Fondation du Yoseikan Dojo

Surmené par les entrainements trop intensifs et les compétitions, Minoru tombe sérieusement malade en 1931. Il arrête toute pratique pendant un mois et passe son temps à dormir. Inquiet à son sujet, Kano sensei lui propose de le faire hospitaliser et de prendre les frais à sa charge. Minoru le remercie pour sa grande bonté mais refuse la proposition, ne souhaitant pas être à la charge de son maître.

Son frère le rapatrie à Shizuoka où il est admis à l’hôpital municipal pour soigner une pleurésie et une tuberculose pulmonaire. Après trois mois d’hospitalisation dans sa ville natale, l’état de Minoru s’améliore.

Dans le but de le retenir pour préserver sa santé, son frère aîné, Shinpachi, dentiste de métier, décide de financer la construction d’un dojo dans le centre de Shizuoka.

Minoru quitte l’hôpital en novembre 1931 et prend possession du dojo construit par ses frères et ses amis. Parmi ces derniers, un professeur de philosophie, nomme le dojo : Yoseikan, littéralement « maison de l'enseignement de la droiture ». Mochizuki adopte immédiatement ce nom et bien qu’étant encore convalescent, recommence à donner des cours à des jeunes gens de la région.

La cérémonie d’ouverture du nouveau dojo, se déroule en présence d’Ueshiba Senseï, de l’amiral Takeshita, du général Miura, d’Harunosuke Enomoto Senseï, de Yasuhiro Konishi Senseï et d’autres honorables dignitaires. L’amiral Takeshita devient le premier président du Yoseikan.

 

Yoseikan Aïki Jujutsu

Dans son dojo, Mochizuki sensei enseigne ce qu’il nomme le Yoseikan Aïki Jujutsu, par respect pour maître Ueshiba et en référence à son art. Il enseigne également, en parallèle, à la police nationale et militaire.

Bien qu’il n’ait passé que quelques mois à s'entraîner avec lui à Tokyo avant sa maladie, maître Ueshiba lui rend régulièrement visite au gré de ses voyages dans la région de Kyoto, où il dirige des séminaires dans le cadre du Budo Senyokaï.

Ueshiba sensei apprécie de passer du temps avec son disciple et ses visites durent parfois plusieurs jours. C’est à l’occasion de l’une d’entre elles, en juin 1932, qui lui remet deux rouleaux manuscrits de transmission du Daïto-ryu, le Goshin’yo no te (premier niveau de compétence) et le Hiden Ogi no Koto (niveau supérieur). Ces deux rouleaux portent la signature de « Moritaka Ueshiba, élève de Sokaku Takeda».

Minoru participe aux championnats régionaux de Judo en 1933 et reçoit le cinquième dan de Judo en 1935.

Au cours de la même année, un de ses élèves directeur de cinéma, lui propose de rencontrer une élégante jeune femme, descendante d’un officier de haut rang du clan Imagawa, prénommée Ayako Shinmura. Le mariage est organisé peu après et le couple donne naissance à son premier enfant en 1936, un garçon nommé Hiroo. Une petite fille, prénommée Takeko, verra le jour deux années plus tard.

 

Départ pour la Mongolie

À la suite d’une recommandation de l’Amiral Takeshita, Minoru se rend en Mongolie intérieure en 1938, missionné par les autorités militaires japonaises.

A l’instar d’Ueshiba Sensei, Mochizuki adhère au concept de la Dai-tō-a Kyōeiken (sphère de coprospérité de la Grande Asie orientale). Doté d'un esprit d'aventure, il accepte de partir seul dans cet immense territoire convoité par les japonais dans leur stratégie pour contenir l’expansion soviétique.

Un an plus tard, Minoru retourne chercher sa famille restée au Japon. Il vend son dojo à son assistant puis s’installe avec sa femme, ses deux enfants et sa mère dans cette nouvelle contrée.

Minoru occupe le poste de directeur du lycée mongol de garçons de la ville de Bao Tou en qualité de coopérant. Il dirige également l’école mongole de filles.

En 1940, après avoir étudié la langue chinoise, Mochizuki réussi avec succès les examens et est nommé sous-préfet du département chinois de Sei-sui-ga par le gouvernement mongol. Parmi ses activités, il enseigne le Judo, le Kendo et l'Aiki-Jutsu à la population locale.

 

Lutte, entraide et prospérité mutuelle

Son idée de combattre le communisme par l'application des principes « d’entraide et de prospérité mutuelle » (Jita Kyoei) et de « l’utilisation optimale de l'énergie » (Seiryoku Zenyo), chers à maître Kano, contribue au développement de sa région.

Minoru se fond dans la population en se déplaçant à cheval et en s’habillant comme les autochtones. Il se rend dans les villages, les marchés, les magasins, les tavernes et discute avec la population locale pour connaître leurs besoins et prendre ainsi les mesures adaptées.

La région est désertique et les fermiers ont besoin d'eau pour leurs cultures ainsi que des routes et des ponts pour faciliter le transport de leurs denrées. En bons termes avec les notables locaux, Minoru réussi à convaincre les autorités du bien fondé d’entreprendre des travaux destinés à améliorer les communications et l'irrigation sur le fleuve jaune. Il parvient à obtenir des fonds du gouvernement japonais en arguant que les militaires en seraient également bénéficiaires.

Avant son départ, il planifie la construction d’une école et deux ponts et forme une équipe médicale chargée de l’hygiène et de la santé des militaires et des policiers.

La famille connait plusieurs déménagements pendant ce tumultueux séjour en Chine occupée. Un troisième enfant, un garçon nommé Tetsuma, nait en mai 1941.

Durant cette période, Mochizuki sensei à l'occasion de confronter ses techniques avec les arts martiaux chinois à plusieurs reprises, à mains nues comme aux armes.

Il rencontre Mazayoshi Kori Hisataka, un Karatéka japonais originaire de l’archipel des Ryukyu, situé au sud d’Okinawa. Les deux experts travaillent ensemble durant plusieurs années, chacun intégrant des techniques de l'autre dans son propre système. De cette rencontre, nait un kata d’origine chinoise, nommé Happoken, dans le but d’enseigner les huit formes fondamentales des techniques de poing.

 

La capitulation japonaise

L’été 1945 voit l’armée impériale japonaise capitulée. Après le débarquement des forces américaines à Okinawa et les bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, l’Union Soviétique déclare la guerre au Japon et envahie la Mandchourie. A son retour d’un mission extérieure, Minoru retrouve sa région envahie par les communistes chinois de Mao Ze Dong. L’armée Japonaise en déroute, il ne peut retrouver sa famille contrainte de fuir. Minoru organise la défense de sa ville assiégée et parvient à repousser les multiples attaques des assaillants.

Minoru diffère son retour au Japon pour continuer la lutte contre les communistes russes et chinois. Il part vers le sud rejoindre l’armée de Tchang Kaï-Chek.

Grâce à ses relations politiques, sa famille réside quelques temps dans la capitale chinoise. L’accumulation des épreuves, la rudesse de l’hiver et les conditions sanitaires déplorables sont fatales pour sa famille. Presque tous tombent malade et sa mère décède.

Face à cette tragédie, Minoru se résout finalement à rentrer au pays. Après une étape obligatoire dans un camp de réfugiés géré par les américains, sa famille est rapatriée au Japon en bateau. Dans ces conditions précaires, la petite Chiyoko, née en 1945, succombe à une pleurésie à leur arrivée au port de Shimonoseki.

 

Retour au Japon et retrouvailles avec maître Ueshiba

Après huit années passées entre la Mongolie et la Chine, Minoru retrouve sa famille à Shizuoka en 1946. Le constat est terrible, la ville est détruite aux deux tiers et les morts se comptent par milliers.

L’ancien dojo Yoseikan a brulé et l’interdiction de pratiquer et d’enseigner les arts martiaux par les forces d’occupations américaines mettent un sérieux coup d’arrêt au professionnalisme dans les arts martiaux.

Minoru se rend au dojo d’Iwama pour saluer Ueshiba sensei. Heureux de le savoir de retour, ce dernier l’accueille chaleureusement. Affecté par les ravages de la guerre, le maître ne souhaite plus enseigner. Si Minoru réussit à le convaincre de continuer l’enseignement, Maître Ueshiba décide de s’éloigner de l’aspect martial de l’Aïki-Budo.

Dans un Japon vaincu, le quotidien s’avère difficile. Soutenu par ses proches Minoru reprend son activité médicale de thérapeute chiropracteur et se constitue rapidement une clientèle.  Ces revenus lui permettent d’acheter un terrain à Shizuoka. Minoru y fait reconstruire un nouveau dojo en 1949, avec une maison indépendante pour établir son cabinet et installer sa famille, qui vient d’accueillir un nouvel enfant, un petit garçon prénommée Kanji.

Promu au grade de sixième dan Kodokan, Mochizuki Sensei enseigne à nouveau le Judo, les Kobudo et l’art de maitre Ueshiba qu’il nomme désormais Aïkido Jujutsu.

Les deux hommes, qui entretiennent une relation quasiment de père à fils, sont toujours en contact. Souhaitant reprendre la direction du dojo de Tokyo, O Sensei sollicite l’aide de son disciple pour s’entretenir avec Minoru Hirai, en charge du dojo depuis 1942 puis avec Gozo Shioda pour lui demander d’éloigner son nouveau dojo dès que possible afin de ne pas nuire à « la réouverture » du dojo central. Par respect pour son maître, Mochizuki Sensei s’exécute mais ne souhaitant pas prendre en charge la direction matérielle du dojo, il décline la proposition d’O Sensei.

Les deux hommes restent en bons termes et au fil des années, Ueshiba sensei continue de lui rendre visite régulièrement à Shizuoka. Le maître vient y diriger deux ou trois stages d’une semaine chaque année, la plupart du temps accompagné de Morihiro Saito ou de Seigo Yamaguchi.    

 

Première démonstration d’Aïkido en Europe

En 1951, Mochizuki Sensei accompagne un groupe d'étudiants pour une conférence sur la globalisation au siège de l’UNESCO à Genève.

Débarquant à Marseille, Minoru découvre un dojo de Judo sur la route le menant à son hôtel. Il se joint aux membres du club pour partager l’entrainement avec eux. Le professeur du dojo local fait part de cette rencontre fortuite aux dirigeants de la Fédération qui décident d’inviter Maître Mochizuki à Paris.  

Il effectue de nombreuses démonstrations et donne quelques cours de Judo dans l’hexagone. Avec l’accord préalable et les encouragements d’O Sensei, il enseigne également un peu d’Aïkido empreint de son style personnel, basé sur le Jujutsu.

C’est au cours de la première édition du Championnat d'Europe de Judo, qui se déroule au Vélodrome d’Hiver à Paris le 5 et 6 décembre 1951, que Minoru Mochizuki effectue la première démonstration d’Aïkido Jujutsu en Europe.

Il sollicite six solides judokas, les armes avec des sabres et des bâtons en bois et les motivent en leur promettant un prix s’ils arrivent à le toucher ! Haut gradé dans plusieurs disciplines, Mochizuki sensei démontre également le Iaïdo, le Kendo et le Karaté avec les Maîtres Mikonosuke Kawaishi et Shozo Awazu et le français André Nocquet. Cette démonstration historique, qui se déroule devant plus de 10 000 spectateurs, subjugue alors un bon nombre de pratiquants de Judo.

Comble du hasard, une équipe de tournage américaine des studios Universal immortalise cette démonstration, lui offrant ainsi une diffusion internationale. L’événement retentit jusqu’au Japon où sa diffusion dans les cinémas permet au jeune Hiroo d’assister à la démonstration de son père !

Enseignant précurseur, Mochizuki Sensei dissémine les graines de l’Aïkido dans l’importante communauté des Judokas français, déjà bien installée sur le territoire national. Par ses efforts, il ouvre la voie à un développement mondial de l’art de d’Ueshiba sensei.

 

Les prémices d’une synthèse martiale

Avide d’expériences nouvelles, Mochizuki Sensei confronte à plusieurs occasions sa technique avec d’autres arts martiaux et sports de combat européen au cours de son séjour. Minoru se lie également d’amitié avec le judoka français Marius Lamotte. Quatrième dan de judo, ce dernier l’initie à l’escrime, la canne et la boxe française.

L’étude des disciplines européennes amène Minoru à perfectionner son propre système de self defense. Il découvre notamment l’intérêt d’utiliser différents arts martiaux en fonction de la situation. L’idée d’une synthèse des arts martiaux à visée éducative émerge alors en lui.

Pour d’obscures raisons, Mochizuki sensei est expulsé de France en 1952. On lui reproche de prêcher des idées communistes et de faire preuve de militantisme anti-bombe atomique.

Avant son départ, il écrit une lettre à Kisshomaru Ueshiba, pour lui demander l’envoi d’un technicien capable de relever les défis à sa place et de continuer ainsi le développement de l’Aïkido en France et en Europe.

De retour au Japon, il fait part de ses expériences martiales à Maître Ueshiba. Il lui explique notamment que le manque d’efficacité de l’Aïkido dans certains cas, l’ont obligé à recourir à des techniques de Judo ou de Kendo pour triompher de situations difficiles. Il soumet l’idée au Fondateur qu’il est nécessaire d’adapter l’éventail technique de l’Aïkido aux systèmes de combat modernes (pieds /poings, corps à corps…) pour être capable de répondre à n’importe quelle attaque. 

Peu sensible au concept de victoire ou de défaites, qu’il estime éloigné de l’esprit du Budo, Ueshiba Sensei ne tient pas compte de ses remarques sur la nécessité d’adapter l’Aïkido.

 

Jim Alcheik et la création de la F.F.A.T.K.

En 1952, lors de son séjour en France, Mochizuki sensei fait la rencontre de Jim Alcheik, un jeune judoka français. A l’occasion de leurs retrouvailles à Tunis, peu de temps avant son retour au Japon, Mochizuki Sensei lui propose de le rejoindre au Japon.

Jim vient étudier directement auprès de lui, à Shizuoka, en 1954. Pendant trois années, il étudie plusieurs disciplines auprès de maîtres japonais et obtient de nombreux grades. Correspondant, en lien avec Henry Plée, Alcheik rédige également des articles pour des revues francophones d'arts martiaux et édite plusieurs brochures sur le Judo, l’Aïkido, le Jiu Jitsu et le Karaté.

Les deux hommes travaillent de concert à la rédaction du premier livre sur l’Aïkido en langue française. Intitulée « Ma méthode d'Aïkido Jiu-Jitsu », une première version de l’ouvrage, illustrée de nombreuses photos où Jim sert de partenaire, est publié en 1956. Mochizuki Sensei est présenté comme titulaire du septième dan de Judo et de Iaïdo, du cinquième dan de Karaté et du quatrième dan de Kendo. Dans sa préface, rédigée en février 1957, Kisshomaru Ueshiba, le présente comme titulaire du huitième dan d’Aïkido, disciple du Fondateur depuis vingt-cinq années. Il précise également qu’O Sensei se rend au dojo Yoseikan une fois par an et que Mochizuki Sensei est l’un des cinq doyens du Hombu Dojo et qu’il y dirige la pratique une fois par an à l’occasion du stage d’automne.

Chargé de diffuser les enseignements de maître Mochizuki sur le vieux continent, Jim Alcheik crée la Fédération Française d'Aïkido, de Taijutsu et de Kendo (F.F.A.T.K.) dès son retour en France à la fin de 1957. Son oncle R. Elgui est nommé Président, Jim occupe le poste de Directeur Technique.

Promu, entre autres, quatrième dan d’Aïkido et troisième dan de Judo, Alcheik enseigne l'art de Mochizuki Sensei qu’il renomme Aïkido-Taijutsu puis Aïkido Yoseikan. Jim installe son dojo et le siège de son organisation, avenue Parmentier, dans le onzième arrondissement de Paris. Il enseigne également le close combat à la préfecture de Police.

 

Essor du style Yoseikan en Europe

Très motivé, Jim Alcheik multiplie les rencontres, galas et séminaires. Il introduit, avec succès, le Karaté et le Kendo dont il organise la première équipe tricolore ainsi que les premiers championnats de France, à la salle Wagram en 1958.

Afin de l’aider à développer le Karaté et l’Aïkido Jujutsu Yoseikan, Mochizuki sensei envoie son fils ainé en France. Le jeune Hiroo débarque à Marseille en juillet 1957 avec une cantine remplie d’exemplaires du livre de son père. Il réside tout d’abord chez Jean Azema à Toulon puis à Paris chez Henry Plée. Deuxième dan de Karaté, Hiroo Mochizuki devient le premier japonais à présenter la discipline en Europe. Il effectue des stages en France, en Belgique et au Portugal avant de retourner au Japon, en décembre 1958, pour reprendre ses études de vétérinaire.

Sollicité par Jim Alcheik, Maitre Mochizuki délègue également d’autres disciples en France ou une base d’adeptes se constitue. Le karatéka Tetsuji Murakami et les judokas Shoji Sugiyama et Mitsuhiro Kondo enseignent sa méthode lors de nombreux stages. Ils rayonnent en France, en Belgique, aux Pays-Bas et en Suisse.

Personnage obscur, Jim Alcheik prend part aux évènements en Algérie. Il est assassiné par des membres de l’OAS, le 29 janvier 1962, lors d’un attentat à la bombe piégée à Tanger. L’européen le plus titré dans les Budos japonais disparait alors tragiquement.

 

Contribution au « jeune » Karaté Français

Suite à sa disparition, Alain Floquet et Claude Falourd, proches élèves de Jim Alcheik sollicitent naturellement l’aide de Minoru Mochizuki. Ne pouvant venir lui-même en France pour raisons professionnelles, il dépêche son fils aîné pour la seconde fois.

Hiroo Mochizuki revient à Paris en février 1963. Délégué initialement pour quelques mois, il décide de s’installer définitivement en France. Conseiller technique des sections de Karaté et d’Aïkido de la F.F.A.T.K., Hiroo effectue de nombreuses démonstrations et enseigne le Karaté Wado Ryu en Europe et en Afrique.

Acteur du développement du Karaté, Hiroo participe, en qualité de conseiller technique, aux créations de l’Union Française de Karaté et de l’Union Européenne de Karaté, toutes deux fondées en 1966.

En parallèle des aventures martiales de son fils sur le vieux continent, Minoru Mochizuki continue de développer sa méthode au Japon. Il organise un gala d’arts martiaux à Shizuoka, regroupant plus de deux mille spectateurs, en 1962. Maître Ueshiba, accompagné de Nobuyoshi Tamura, honore l’évènement de sa présence.

Mochizuki Sensei inaugure le troisième dojo Yoseikan en 1964. Il s’entoure de prestigieux experts au sein de son école et engage notamment Teruo Sano pour enseigner le Karaté.

 

Développement international du Yoseikan

Si la fin des années soixante voit la disparition de Maître Ueshiba, avec lequel Mochizuki Sensei a toujours maintenu des contacts réguliers, la décennie suivante marque les prémices d’un développement international du style Yoseikan par l’intermédiaire de plusieurs élèves pionniers.

Minoru continue ses recherches pour unifier les disciplines martiales. Il commence à établir la nomenclature de son système en intégrant la pratique des armes (Katana, Bo et Tanto) ainsi que de nombreux éléments de Judo, notamment les sutemis.

S’il est opposé au principe de la compétition organisée, il préconise des randoris d'Aïkido poussés au maximum, à l’instar de la période du Kobukan des années trente. Il instaure des sessions d’entraînements avec trois niveaux : Shitei-randori, pratique d'une technique choisie avec attaques multiples ; Jiyu-randori, attaques libres et techniques libres sans résistance ; Chikara-randori, pratique libre avec résistance et contre-attaques.

Avec son accord, son fils fonde sa propre école qu’il nomme Yoseikan Budo en son hommage. En mars 1975, Hiroo crée officiellement la Fédération Française de Yoseikan Budo et quitte l’Union Nationale d’Aïkido (U.N.A.), ou il occupe la fonction de conseiller technique du groupe Mochizuki (ex F.F.A.T.K.).

Malgré la présence, depuis les années soixante, de son fils en France et de Shoji Sugiyama en Italie, l’école Yoseikan ne bénéficie pas encore d’un réseau structuré de dojos. Souhaitant essaimer le style à l’étranger, Mochizuki Sensei encourage l’accueil d’uchi deshi occidentaux. Il voyage en France, en 1972, puis au Vietnam, en 1973, pour diriger des stages de Judo et d’Aïkido.

Le Yoseikan est introduit aux Etats-Unis par Sadayuki Demizu, au début des années soixante-dix. Troisième dan d’Aïkido, le capitaine Demizu, officier de liaison des forces aériennes d'autodéfense japonaises, enseigne l’art aux G.I. américains dans la base Redstone située en Alabama.

Minoru Mochizuki délègue officiellement ses élèves Yoshiaki Unno en Australie, en 1976, puis Patrick Augé au Canada, l’année suivante. Après sept années passées auprès du maître, en tant qu’uchi deshi, Augé Sensei est missionné pour développer le Yoseikan en Amérique du nord.  

 

Expert au sein de la Kokusai Budo In

Mochizuki sensei intègre le comité directeur de la prestigieuse Kokusai Budo In (ou IMAF). Cet institut international des arts martiaux, fondé en autres par les maitres Mifune, Nakayama et Otsuka en 1952, a pour objectifs de favoriser la transmission des arts martiaux traditionnels Japonais et d’assurer la coopération entre leurs dirigeants.

En reconnaissance de son niveau d’expertise et de sa contribution aux Budos, il est nommé directeur technique IMAF pour l’Aïkido et le Nihon Jujutsu en 1977. Maître Mochizuki se voit décerner le grade de huitième dan de Judo Hanshi la même année puis le neuvième dan Hanshi de Jujutsu l’année suivante.

En décembre 1978, Mochizuki Sensei publie un nouvel ouvrage intitulé « Nihonden Jujutsu » ou Jujutsu japonais traditionnel en français.

Le 23 mars 1979, Mochizuki Shihan est promu au grade de dixième dan d’Aïkido par la Kokusai Budo In. La cérémonie se déroule en présence des maîtres Kisshomaru Ueshiba, Kazuo Ito, Hironori Otsuka ou encore Yoshio Sugino. Mochizuki Sensei clôture l’évènement par une démonstration avec son fils Hiroo comme partenaire.

 

Reconnaissance internationale

Maître Mochizuki consacre les dernières années de sa vie au développement de son école, le Yoseikan Ryu. Il enseigne quotidiennement dans son dojo à Shizuoka et écrit des articles consacrés aux arts martiaux.

Il effectue son premier voyage en Amérique du Nord en mai 1979. Il rend visite à Patrick Augé, qui a établi son dojo à Montréal et a constitué un groupe de pratiquants Yoseikan autour de lui. L’événement fait l’objet d’un article dans le célèbre magazine américain Black Belt d’avril 1980.

En novembre 1982, maître Mochizuki est sollicité par Stanley Pranin, rédacteur en chef du magazine Aiki News, pour une interview. Leur entretien parait dans le magazine d’avril 1983 et sera également publié, en 1993, dans le recueil d’interviews menées par l’historien américain intitulé "les maîtres de l’Aïkido, période d’avant-guerre".

Entretenant un lien régulier avec ses élèves français, Minoru visite fréquemment l’hexagone. En 1985, il assiste au dixième anniversaire de la création du Yoseikan Budo et dirige à cette occasion un stage d’Aïki Jujutsu. L’année suivante, il participe à une démonstration de Iaïdo lors du second tournoi international de Yoseikan Budo organisé, à Aix en Provence. En 1987, Mochizuki sensei assiste au premier championnat d’Europe de Yoseikan Budo, organisé à Méru dans l'Oise au mois de novembre.

Le 25 octobre 1986, Mochizuki Shihan participe à la seconde édition de la Friendship Demonstration à Tokyo. Cet évènement majeur, organisé par Stanley Pranin, regroupe les plus grands disciples de maître Ueshiba. Accompagné de ses meilleurs étudiants, Mochizuki sensei y fait forte impression. Ces élèves démontrent de nombreux sutemi combinant harmonieusement les techniques sacrifices du Gyokushin-Ryu et les Taï Sabaki de l’Aïkido. Leur démonstration enthousiasme le public présent et la diffusion de l’événement en vidéo, offre pour la première fois, une exposition mondiale au Yoseikan Ryu.

En 1989, Minoru Mochizuki se rend en Italie sur l’invitation de Silvano Tomba et Lino Lacassia, élèves de Shoji Sugiyama venus s’entraîner à Shizuoka quelques mois plus tôt. Le maître dirige plusieurs séminaires dans différentes villes du nord de l’Italie.

 

Dernières années

Maître Mochizuki revient à Paris en 1992 pour donner suite à l’invitation d’Alain Floquet et du judoka Luc Levannier. 

Atteignant un âge avancé, sa santé commence à décliner après le décès de son épouse. Mochizuki sensei est hospitalisé en avril 1999. Se rétablissant peu à peu, son fils Hiroo lui propose alors de venir vivre auprès de lui et de ses petits-enfants.

Dans le sud de la France, le maître fait quelques apparitions publiques lors de grands stages. Maître Mochizuki transmet officiellement le titre de Soke de l’école Yoseikan à son fils Hiroo, en aout 2000.

Hospitalisé depuis juin 2001, Minoru Mochizuki s’éteint paisiblement le 30 Mai 2003, à l’âge de 96 ans, dans le pays où il avait introduit l’Aïkido cinquante ans plus tôt.

 

Transmission et groupes

Devenu le successeur officiel de son père, Hiroo Mochizuki souhaite regrouper au sein de la Fédération Mondiale de Yoseikan Budo et sous son autorité, tous les groupes estampillés Yoseikan. Cette décision provoque une levée de boucliers parmi les maîtres les plus anciens du dojo de Shizuoka.

Considérant l’approche d’Hiroo trop différente, les maîtres « historiques » démissionnent de leurs fonctions au sein de la Fédération Internationale de Nippon Budo (I.F.N.B). Emanation de la Kokusai Budo In, cette structure avait été créé par Minoru Mochizuki et Yoshio Sugino dans le milieu des années quatre-vingt.   

Malgré leurs désaccords, les deux groupes cohabitent et diffusent l’enseignement de maître Mochizuki dans le monde entier. Près de dix mille pratiquants sont affiliés à la Fédération Mondiale de Yoseikan Budo dirigée par Hiroo Mochizuki et ses deux fils Mitchi et Kyoshi. Si les deux tiers des pratiquants sont français, la discipline est également présente dans près de quarante pays, répartis sur les cinq continents.

Les anciens de Shizuoka, regroupés autour des maîtres Kyoichi Murai, Nobumasa Yoshida, Masashi Sugiyama, Hiroaki Kenmotsu, Patrick Augé et du second fils du maître, Tetsuma Mochizuki, ont donné naissance à la Kokusai Budo Seifukai.

Aujourd’hui trois groupes « Yoseikan » sont actifs, à Shizuoka sous la direction de Hiroaki Kenmotsu, à Hamamatsu sous Masashi Sugiyama et à Tokyo sous Nobumasa Yoshida. Leurs enseignants rayonnent également dans le monde entier.

 

Héritage

Souvent qualifié de « samouraï des temps modernes » ou de « dernier des géants », Minoru Mochizuki était probablement le maître d'arts martiaux le plus gradé au monde.

Consacrant sa vie à l’étude des arts martiaux, sa pensée portait l’empreinte et la philosophie de ses professeurs Jigoro Kano et Morihei Ueshiba. Poursuivant leur quête du Budo véritable, il fonda le Yoseikan Ryu, synthèse des enseignements qu’il reçut.

Confronté à la guerre et à de multiples arts martiaux japonais, chinois et occidentaux son approche fut éclectique. Tel un retour à l’esprit des samouraïs, Maître Mochizuki considérait qu’un combattant devait savoir tout faire et être capable de se sortir de toutes les situations.

Adoptant et combinant les techniques et les kata d’Aiki jujutsu, de Judo, de Karaté et de Kobudo, il s’efforça de créer un système efficace en combat ainsi qu’un chemin vers le développement personnel. Mettant l’accent sur le réalisme des attaques et des techniques défensives, Mochizuki Sensei exhortait ses élèves à chercher par eux-mêmes, comparer et tester les pratiques.

Personnalité atypique, connu pour sa générosité, Mochizuki sensei enseigna pendant plus de six décennies dans son dojo de Shizuoka. Il décerna vingt diplômes Menkyo Kaiden à ses meilleurs disciples et les encouragea à structurer leur propre méthode. Maître Mochizuki légua à ses élèves une voie martiale éducative toujours en mouvement, ouverte sur le monde et les autres disciplines.

Maître MOCHIZUKI a été le professeur de plusieurs hauts gradés parmi lesquels son fils Hiroo MOCHIZUKI (8ème dan Aïkido Yoseikan), Kyoichi MURAI (9ème dan), Hiroaki KENMOTSU (8ème dan), Akira TEZUKA, Sadayuki DEMIZU, Terumi WASHIZU (7ème dan), Shoji SUGIYAMA (8ème dan), Nobumasa YOSHIDA (9ème dan), Masashi SUGIYAMA (9ème dan)  Tetsuji MURAKAMI, Mitsuhiro KONDO, Yoshiaki UNNO, Haruyoshi WATANABE, Patrick AUGE (Shihan 8ème dan Aïkido Yoseikan), Henry PLEE (3ème dan Aïkido Jujutsu), Jim ALCHEIK (4ème dan Aïkido Jujutsu), Claude FALOURD (7ème dan Aïkido Jujutsu), Roland HERNAEZ, Raymond COCATRE, Jean AZEMA, N'Guyen VAN NAM, Jan DE JONG, David ORANGE Jr, Edgar KRUYNING, Luigi CARNIEL, Roger ROY, Michel MARTIN ou encore Bruno PERREAULT.

Sincères remerciements à Patrick Augé Shihan pour sa précieuse contribution.

 

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