Takako KUNIGOSHI

(1911 - 2000)

3ème Dan d’Aïkido

 

Ecrit par Sandra

 

 

 

Takako KUNIGOSHI est née le 25 juin 1911 à Takamatsu dans la préfecture de Shikoku.

En janvier 1933, souhaitant étudier la danse Kembu du sabre elle demande l’autorisation à son père, un soldat, d’aller au Dojo de Wakamatsu-cho de Tokyo. A son arrivée, on lui indique qu’on n’y pratique pas le Kembu mais l’Aïkido. Elle participe quand même au cours et est immédiatement conquise. Elle s'inscrit au Kobukan Dojo juste avant de recevoir son diplôme de l’Université Féminine des Beaux-Arts du Japon. C’est ainsi que du lundi au samedi, elle se rend seule au dojo, tous les matins, pour les séances de 6h avant d’aller en cours.

A cette époque, il n’y a que deux élèves féminines parmi les étudiants, Takako et Mlle Kazuko SEKIGUCHI. Au moment des séances, les deux femmes sont obligées de se changer dans un espace extrêmement restreint. Il n’y a pas de vestiaires spéciaux pour elles et elles sont obligées de mettre et de défaire leurs tenues entourées d’hommes ! Malgré cela, Maître UESHIBA ne leur fait pas sentir la moindre différence et ne modifie pas son cours parce qu’elles sont des femmes. Takako s’entraîne le plus souvent avec Kaoru FUNAHASHI, le plus petit des uchi deshi.

Chaque jour après l’entraînement, elle fait des croquis afin de se souvenir des techniques. Au début, elle arrive à peine à s’entraîner dix minutes pendant un cours d’une heure, car elle reste assise à regarder attentivement la pratique en essayant de mémoriser chaque posture pour un emploi ultérieur. Un jour, un homme appelé Takamatsu, propriétaire d’une boutique passe par là et trouvant ses illustrations excellentes, lui demande d’en dessiner un jeu pour lui ! Le travail débute au tout début 1933. Tandis que Takako travaille aux illustrations avec les uchideshis, Maître UESHIBA les regardent et donnent son accord, tout en faisant de multiples corrections…     

Par la suite, le projet devient une entreprise officielle et Maître UESHIBA demande à Shigemi YONEKAWA et Kaoru FUNAHASHI de prendre les diverses postures. En général, ils prennent tous les trois l’habitude de travailler sur le livre pendant une heure après l’entraînement du matin. En rentrant à la maison, Takako n’hésite pas à refaire les illustrations pour reconstituer un détail ou une posture. Les explications accompagnant les illustrations sont écrites par un ami de Takamatsu. Et après un an de travail le livre "Budo Renshu" est publié en 1934. Maître UESHIBA en donne les copies aux élèves ayant maîtrisés les techniques de base. Un second livre est prévu mais il ne sera jamais réalisé.

En 1935, juste après la fin de ses études universitaires, elle reçoit son premier certificat, l’équivalent d’un grade de ceinture noire 1er dan. C’est un manuscrit appelé Hidden Mokuroku, qu’elle rédige personnellement car O Sensei n’a pas le temps de le faire lui-même. Il contient des croquis illustrant des postures et des techniques. Quelques années plus tard, à sa grande surprise, elle apprendra qu’elle a un grade de 3ème Dan…

Par la suite, Mlle KUNIGOSHI reçoit une lettre de l’Amiral TAKESHITA l’invitant à pratiquer chez lui pour étudier l’Aïkido avec d’autres femmes. Avec l’autorisation de Maître UESHIBA, elle s’entraîne chez ce dernier une fois par semaine jusqu’en 1943. Pendant la guerre, elle essaye d’enseigner l’Aïkido mais les bombardements et les alertes rendent les entraînements impossibles.

Après avoir travaillé pendant vingt-cinq ans comme employée administrative Mme KUNIGOSHI prend sa retraite à l’âge de cinquante-cinq ans.

Elle décide alors d’étudier officiellement le Sado (cérémonie du thé). Art qu'elle pratiquera et enseignera jusqu'à son décès en 2000.

 

Takako KUNIGOSHI est une des rares élèves féminines du Kobukan Dojo, et malgré sa petite taille (1m53) elle avait la réputation de pouvoir rivaliser avec les hommes les plus lourds et les plus puissants. Elle s’entraîna sérieusement et mérita le respect d’UESHIBA Sensei et des uchideshi. Artiste de talent, elle exécuta en 1934 des illustrations du livre Budo Renshu, destiné aux étudiants en guise de licence d’enseignement. Elle garde de l’Aïkido l’impression d’un grand raffinement et trouve de nombreux points communs avec la cérémonie du thé, car dit-elle : "le ciel et la terre sont faits de mouvement et de calme, de lumière et d’ombre". 

 

LIENS

Interview : Lien 1 (Ang)

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