Kisshomaru UESHIBA

(1921 - 1999)

Second Doshu de l'Aïkikaï Hombu Dojo

 

Ecrit par Nicolas DE ARAUJO

 

 

 

Kisshomaru est né le 27 juin 1921 à Ayabe près de Tokyo. Troisième des quatre enfants de Morihei UESHIBA et seul fils survivant, il commence la pratique du Kendo alors qu’il est encore enfant. A cette époque Kisshomaru parait un candidat peu probable pour succéder à son père. En fait, bien que peu de gens le sachent aujourd’hui, le fondateur avait choisi un autre comme successeur, un Kendoka célèbre : Kiyoshi NAKAKURA. En 1932 il lui donne son unique fille en mariage, mais cette union ne dure que quelques années à la suite desquelles la question de l’identité du successeur d'O Sensei reste posée. Kisshomaru, qui avait été un enfant plutôt fragile, commence sérieusement la pratique martiale à l’adolescence.

Il étudie l’Aïkibudo auprès de son père et est à la fois enfant, élève, confident et compagnon d'entraînement du Fondateur. Il devient même son partenaire attitré pour les démonstrations de sabre dès 1936. Il apparaît dans le livre de techniques "Budo" écrit par son père en 1938, ou il sert de Uke pour plusieurs photographies.

Durant la deuxième guerre mondiale, Morihei UESHIBA se retire à Iwama et laisse à Kisshomaru la direction du Kobukan Dojo. Il en devient le directeur en 1942 alors qu’il est encore étudiant à l’université de Waseda. Durant cette période le Hombu Dojo est quasiment abandonné et Kisshomaru le sauve à plusieurs reprises des bombardements alliés.

Diplômé de sciences économiques et politiques en 1946, le jeune Kisshomaru se retire à Iwama auprès de ses parents. Il s'entraîne avec son père pendant 3 ans et se marie pendant cette période.

En 1948, est fondé la fondation Zaidan Hojin Aikikaï, Kisshomaru est logiquement nommé, par son père, Dojo-Cho (directeur).

L'année suivante, il décide de retourner s'installer de façon permanente à Tokyo pour redémarrer les activités au hombu dojo de Tokyo. A cette époque la pratique des arts martiaux est interdite par les Américains et ces disciplines sont mal considérées par le public, qui les associent avec la mentalité militaire d’avant-guerre. Dans ces circonstances, il est quasiment impossible de gagner sa vie en enseignant les arts martiaux et Kisshomaru prend un emploi chez Osaka Shoji, une firme d’audit tout en continuant d’assurer la direction de l’Aïkikai à Shinjuku.

En 1955, l’activité au Hombu Dojo s’intensifie et il a alors la possibilité de quitter son emploi et de se consacrer pleinement à la direction du dojo et au rayonnement de l’Aïkikai.

Kisshomaru joue un rôle important dans la résurrection de l’Aïkido après la seconde guerre mondiale et supervise la création de plusieurs centaines de clubs d’Aïkido dans des universités ou des compagnies commerciales à travers le Japon. Il autorise le départ de nombreux instructeurs à l’étranger dans le but, couronné de succès, d’internationaliser l’Aïkido.

En 1956, il organise les premières démonstrations publiques et ouvre l'enseignement au public.

En 1957, il publie son premier livre intitulé “Aikido”, qui bénéficie d’un succès immédiat et connut par la suite plusieurs réimpressions. Il est l’auteur de plus de vingt livres sur l’Aïkido, œuvres qui ont joué un rôle majeur dans la perception de cet art. De plus, ses livres présentent au public la figure du fondateur, Morihei UESHIBA, et contribuent à faire prendre la mesure de son génie.

En 1963, Kisshomaru entreprend son premier voyage à travers les Etats-Unis. Par la suite, il se rend régulièrement en Amérique du Nord, en Amérique du Sud et en Europe. Tous ses efforts lui permettent de mieux faire connaître l'Aïkikaï et d'en faire une organisation reconnue mondialement.

En 1967, il devient président de la Fondation Aïkikaï et prend la succession du Fondateur à sa mort en 1969 : après un vote il est nommé "Doshu" (le gardien de la Voie).

Les années 1950 et 1960 sont considérées comme l’Age d’or de l’Aikikai Hombu Dojo. Le Doshu et Koichi TOHEI se partagent la tête de l’Aikikai et sont unis par le lien familial, s’étant mariés à deux sœurs. Les deux hommes partagent l’enseignement et la direction durant cette période de croissance intensive, avec Kisshomaru comme directeur du dojo et Koichi TOHEI comme innovateur technique et chef du personnel enseignant du dojo (Shihan bucho). Ils finirent par se séparer et TOHEI démissionne de l’Aikikai en 1974.

En 1975, le Doshu participe à la réalisation du film "Gekitostu ! The power of Aïkido". A cette occasion, il réalise une démonstration filmée pour les premières minutes de ce film retraçant la vie de son père.

En 1977, Kisshomaru publie la biographie de son père sous le titre : « Morihei Ueshiba, fondateur de l’Aïkido ».

Si ses efforts pour développer l’Aïkikai sont connus, il faut remarquer que son influence technique est également importante. Il simplifie le programme d'enseignement en réduisant le nombre de techniques enseignées. Il délaisse le style "Kihon" de son père, ainsi que les techniques trop complexes, car il pense que leur apprentissage et leur compréhension sont trop difficiles pour la plupart des pratiquants. Il en ressort une nomenclature standardisée présentant des techniques plus fluides en "Ki no nagare" qui deviendront par la suite le standard dans de nombreux dojos à travers le monde.

Parmi les nombreuses distinctions qu’il reçut, Kisshomaru s'est vu remettre la médaille du Ruban Bleu du gouvernement Japonais le 29 mars 1987 ainsi que la médaille d’or du gouvernement Français le 19 mai 1990.

Il s'éteint le 4 janvier 1999, léguant à son fils Moriteru, Dojocho depuis 1986, le titre de "Doshu", son rôle d’ambassadeur et de porte-parole de l’Aïkido mondial.

 

Si Morihei UESHIBA est le fondateur de génie de l'Aïkido, son fils Kisshomaru, Doshu pendant 30 ans et professeur de nombreux Shihan Japonais, en est le grand promoteur d'après-guerre. Il ne fut pas seulement le successeur et l’administrateur de l’aïkido, mais également l'ambassadeur et le porte-parole de l’aïkido au sein d'une communauté internationale comptant plusieurs centaines de milliers de pratiquants dans plus de soixante-dix pays. Le Doshu fut souvent consulté comme médiateur pour la résolution des inévitables problèmes qui surgissent dans la croissance d’un art si dynamique. Il a réussi, tout au long de sa vie, à garantir l’intégrité et la continuité de l’aïkido selon la vision de la famille Ueshiba.

 

LIENS

Biographies : Lien 1 (Fra) - Lien 2 (Fra) - Lien 3 (Ang)

Interview : Lien 1 (Fra)

Articles  : Lien 1 (Fra) - Lien 2 (Fra)Lien 3 (Ang) - Lien 4 (Ang)Lien 5 (Fra) - Lien 6 (Fra)Lien 7 (Fra) - Lien 8 (Fra)

Galerie vidéos

 

 

 

joomla template gratuitjoomla free templates
2018  Aikido Club de Montarnaud  globbers joomla template