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Shoji NISHIO

(1927-2005)

8ème Dan d'Aïkido

7ème Dan de Nihon Zendoku Iaïdo   

4ème Dan de Judo

4ème Dan de Karaté

Fondateur de l'Aïkido Toho Iaïdo

 

 

Ecrit par Nicolas DE ARAUJO

 

 

 

 

Shoji NISHIO est né le 5 décembre 1927 dans la préfecture de Aomori.

Il débute la pratique du Judo à 14 ans au senbadojo de Tokyo. Au sortir de la guerre, il intègre le dojo Kodokan de Maître KANO, le 1er septembre 1945.

Observant des restrictions dans les techniques dues à la compétition, il décide de pratiquer le Karaté. Alors âgé de 18 ans, Shoji débute l'étude sous la direction de Yasuhiro KONISHI, fondateur du Karaté shindo-jinen-ryu et élève de Maître UESHIBA dans les années 30.

Shoji continu l'étude du judo sous la direction du célèbre maître Kyuzo MIFUNE et est promu 4ème dan de judo en 1950.

En 1952, Shoji fait la connaissance de Toyosaku SODEYAMA un professeur sénior du dojo KONISHI. Ce dernier, de retour au japon après la guerre, lui fait part de sa rencontre avec un maître intouchable. N’ayant pas réussi à frapper ce dernier malgré ses multiples attaques, il le compare à un fantôme ! Intrigué par ce maître mystérieux, Shoji décide de le rencontrer.

Accompagné de deux amis pratiquants de karaté, il se rend ainsi au dojo de Morihei UESHIBA mais il est absent ! Accueilli par la femme de son fils, Kisshomaru, il doit attendre le retour du travail de ce dernier. Shoji et ses amis assistent au cours du Doshu, ou Seigo YAMAGUCHI et Hiroshi TADA sont présents. Attiré par la discipline, Shoji retourne au Hombu Dojo dès le lendemain pour s'inscrire. 

Accueilli par Koichi TOHEI, Shoji débute la pratique de l'Aïkido le jour même, à l'âge de 25 ans. Les débuts sont spartiates car il y a peu d'élèves au hombu dojo et les tatamis sont encore occupés par quelques familles de réfugiés.

Le jeune Shoji noue de solides liens d'amitié avec Seigo YAMAGUCHI, qu'il considère comme un grand frère, Mutsuro NAKAZANO et Morihiro SAITO notamment.

Après un an et demi de pratique, il rencontre enfin Maître UESHIBA pour la première fois. Ébloui par sa technique, notamment au sabre, shoji est désappointé car le Fondateur n'apporte aucune explication à son art.

Fonctionnaire au ministère des finances, dans le secteur de l’imprimerie des billets, Shoji NISHIO travaille dans un bureau de gravure et d'impression de deux importantes usines situées dans le quartier Kita à Tokyo. En novembre 1954, il est sollicité par la fédération locale de Judo pour créer un club, il accepte la proposition mais en profite pour enseigner l'aïkido, créant ainsi le tout premier club d'Aïkido de travailleurs rattaché à l'Aïkikaï.

Le club prend son essor rapidement et reçoit la visite du Fondateur et de son fils Kisshomaru à plusieurs reprises.

Après plusieurs années de pratique intensive, NISHIO Sensei est nommé instructeur au hombu dojo. N’étant pas astreint à une présence officielle régulière, il jouit d’une grande liberté de son temps de travail. Ce qui lui permet de dispenser également son enseignement dans quatre dojos du nord de Tokyo (Walabi, Saitama...) ainsi qu'à Yokohama.

Dans le but de mieux comprendre l'art du Fondateur, NISHIO Senseï débute la pratique du Iaido Muso Jikiden Eishin Ryu en 1955 sous la direction de Maître Shigenori SANO puis en 1957 le Jodo Shinto Muso Ryu avec Maître Takaji SHIMIZU. Il pratique également le Jo-jutsu Shinto Muso-ryu et le Jo-Jutsu Hozoin-ryu.

Nourri de ses diverses pratiques martiales, il développe une méthode d’enseignement originale, basée sur l’unification du travail à mains nues à celui des armes. Pour Maître NISHIO, la plupart des mouvements d’Aïkido doivent être travaillés dans les cinq formes : mains nues (tai jutsu), ken-main nues, jo-mains nues, ken taï ken, et jo taï ken. Son style se caractérise par l'importance donnée à la pratique des armes, aux atémis dans la construction des techniques et à l'ajout de projections koshi nage basé sur son expérience en judo.

En 1958, NISHIO Sensei est promu au grade de 5ème dan d'Aïkido après seulement six ans de pratique !

L'art du Fondateur gagne en popularité et les dojos se multiplient dans les universités et les entreprises japonaises. Les méthodes d'entraînement et les techniques de Maître NISHIO se développent dans plusieurs dojos extérieurs mais ne sont pas vraiment appréciées au Hombu Dojo. Son aïkido atypique s'éloigne de plus en plus du style orthodoxe insufflé par Kisshomaru UESHIBA et Koichi TOHEI, ce dernier lui reprochant même "de ne pas faire d'Aïkido car il ne sait pas étendre le Ki !".

Malgré les divergences, NISHIO Sensei conserve des relations étroites avec Maître UESHIBA et le Hombu Dojo. Participant aux grandes manifestations de l'Aïkikaï et invitant régulièrement le Fondateur et son fils aux événements de ses dojos.  

Avec l'accord de Maître UESHIBA et de la Fédération Japonaise de Iaïdo, NISHIO Sensei (7ème dan de Iaido) fonde sa propre école en 1965. Il nomme cette dernière Aikido Toho Iaido, ce qui signifie "mis en œuvre du principe aïki avec le sabre". Composée de 25 à 30 katas, son école (parfois nommée Nishio-ryu Iai) prend son essence dans les techniques d'Aïkido. Chaque kata étant relié ou reproduisant un mouvement d’aïkido.

A la mort de Maître UESHIBA, en 1969, Maître NISHIO décide d’arrêter son enseignement au Hombu Dojo, mais conservant de bonnes relations avec le Doshu Kisshomaru UESHIBA il continue de siéger au comité des hauts gradés de l’aikikai, composé de huit shihans.

En 1976, il est promu 8ème dan d'aïkido.

Retraité de l'administration japonaise en 1980, NISHIO Shihan consacre alors une grande partie de son temps à enseigner son art à l'étranger (États-Unis, Suède, Danemark, France, Allemagne, République Tchèque….).

En Californie, des séminaires sont organisés par ses élèves Robert et Chikako BRYNER.

En 1986, NISHIO Shihan est invité à la seconde édition de la FRIENDSHIP DEMONSTRATION organisée par Stanley PRANIN. Ces rencontres historiques se déroulent à Tokyo et regroupent un nombre important des principaux disciples du fondateur.

Au printemps 1989, son élève français Paul MULLER l'invite pour la première fois dans l’hexagone sous l'égide la F.F.A.A.A. NISHIO Sensei dirige ainsi douze stages en France du printemps 1989 à l’automne 2000. A chaque fois il est accompagné d’un assistant haut gradé en Aïkido, en Iaido Toho et en Karaté.

Entre 1996 et 1997, Maître NISHIO publie une série de vidéos pédagogiques de grande qualité. Produite par Aïkido Journal, elles sont tournées avec du matériel vidéo haut de gamme. Au cours des sept premiers volumes de ses vidéos innovantes, Maître NISHIO démontre et commente de nombreuses techniques sous différentes formes, les deux dernières étant consacrées au Iaïdo Toho. Rencontrant un grand succès, elles sont remastérisées puis ré-éditées en DVD par la suite.  

En 2000, Maître NISHIO lutte contre un cancer et doit renoncer à tout déplacement hors du Japon. Lors de son dernier voyage aux États-Unis, il nomme son élève Koji YOSHIDA pour lui succéder. NISHIO Shihan décide de terminer l'écriture de son livre intitulé "Yurusu Budo, le Budo du pardon".

Au printemps 2001, il accepte de laisser une forme définitive de son Iaïdo Toho à la suite de son dernier stage européen au Danemark. Elle se résume en quinze katas. Ces derniers correspondent à des situations de combat contre un ou plusieurs adversaires, en corrélation avec des mouvements kihon d’aïkido (excepté le premier et le dernier kata).

En janvier 2003, l'organisation japonaise des Arts Martiaux lui décerne le Budo Koryusho, au Budokan hall de Tokyo, pour sa contribution majeure au développement de l’Aïkido dans le monde.

En 2004, il autorise la publication de son livre "Yurusu Budo". Il ne souhaitait pas le publier avant, expliquant qu'un livre décrit un instant figé alors que son Aïkido évolue constamment.

Sa santé déclinant, Maître NISHIO s'éteint le 15 mars 2005 à l'âge de 77 ans.

 

Shihan 8ème dan, Shoji NISHIO était un virtuose novateur et atypique. Expert dans divers arts martiaux dont il a su tirer profit pour créer un aïkido unique et qu'il a toujours souhaité en constante évolution. Marquée par une fluidité globale à mains nues comme au travail aux armes, sa pratique était extrêmement dynamique, naturelle et efficace. Voyageant à travers le monde, NISHIO Sensei joua un rôle essentiel dans le développement mondial de l’aïkido, notamment en Europe et en Amérique, où il était très populaire.

De nombreux gradés japonais et occidentaux ont étudié l'aïkido et l'iaïdo sous sa direction, notamment Takeji TOMITA (shihan 8ème dan), Koji YOSHIDA (shihan 7ème dan), Shokoo WATANABE (7ème dan), KITAMURA (shihan 7ème dan), Shigeru SUZUKI (7ème dan), Takao ARISUE (7ème dan), Ichiro SHISHIYA (7ème dan), Yasuhiko TAKEMORI (7ème dan), Koichi SHIBATA (7ème dan), Hattori TAKAO (7ème dan), Kouichi TANAKA (7ème dan), Masakazu TAZAKI (6ème dan), Izumi TAUCHI (6ème dan), Takashi KUROKI (6ème dan), M. KURIBAYASHI, Philip GREENWOOD (6ème dan), Robert BRYNER (6ème dan), Chikako BRYNER (5ème dan), Michelle BENZAMIN MIKI (6ème dan), Michael FOWLER (5ème dan), Thomas HUFFMAN (4ème dan), Michael RUSS (4ème dan), Paul MULLER (7ème dan), Jean-Michel BOVIO (6ème dan), Stefan STENUDD (shihan 7ème dan), Knut HOGVALL (6ème dan), Jan Max BUNZEL (6ème dan), Thomas SPECHT LUDVIGSEN (6ème dan), Bent BROGGER (6ème dan), Soren WIGH (6ème dan), R. Jun BATUMBALANI MATEO (6ème dan), Remi DELCOS (6ème dan), Stephi VARJAN (5ème dan), Jarkko LAPINLAMPI (4ème dan), ou encore Jiri MAREK (5ème dan)...Son style, nommé Nishio Budo par ses disciples, est présent aujourd'hui a travers la planète, notamment aux Etats-Unis, au Mexique, en France, en Allemagne, en Suède, au Danemark, en Finlande, en République tchèque, en Ukraine et en Russie.

 

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