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L'histoire des pionniers Japonais en France - Les Années 50

Par Ivan BEL et Nicolas DE ARAUJO

 

 

Voilà un peu plus de 406 ans que le premier japonais, Hasekura TSUNENAGA, posait brièvement un pied sur le sol Français, bloqué par une tempête, à Saint Tropez en 1615. Il faisait voile depuis l’Espagne pour gagner Rome et voir le Saint-Père. Quatre années plus tard, le premier diplomate français se rendit au Japon. Depuis lors, l’amitié franco-japonaise n’a jamais cessé et l’on peut même dire qu’aujourd’hui encore les Français sont tout autant épris du pays du soleil levant que les japonais de l’hexagone. Aujourd’hui, nombreux sont les français adeptes de la culture nippone : ses arts martiaux, sa culture cinématographique, ses mangas, sans oublier sa gastronomie. Pour cela, il aura fallu du temps et le courage de quelques pionniers pour que cette culture “de l’autre bout du monde” puisse se répandre dans nos contrées. Quelques rares hommes sont venus dès les années 20 et 30, mais c’est surtout dans la France d’après-guerre que leur influence s’est développée. Ce mouvement commence au début du vingtième siècle avec la volonté de Jigoro KANO de diffuser le Judo à travers le monde. Ce sont ensuite “les diplomates des arts martiaux” Gunji KOIZUMI et Mikinosuke KAWAISHI qui ouvrirent la voie à ces pionniers de plus en plus nombreux à venir et aimer la France au point de s’y installer. Mais il n’y a pas que les maîtres d’arts martiaux qui nous feront cet honneur. De nombreux artistes ainsi qu’une grande scientifique écriront cette belle histoire entre nos deux pays. 

Dans cet article écrit à quatre mains (publié également sur www.fudoshinkan.eu), nous vous présenterons ces japonais qui ont marqué la France. Nous débuterons tout d’abord par les années 50, avant de poursuivre par les années 60 et 70 dans de prochains articles. Nous vous invitons à voyager dans le temps en revenant à cette époque. En 1945, la capitulation japonaise met fin aux hostilités après plusieurs années d’une guerre totale laissant un pays exsangue et des habitants humiliés par une défaite honteuse. Vaincus et ruinés, les Japonais subissent ensuite l’occupation américaine jusqu’en 1952. Sur le vieux continent, la France qui se remet à peine de la seconde guerre mondiale, est un immense chantier en reconstruction, tandis que sa société évolue en profondeur. C’est dans ce contexte et après un long voyage de plusieurs semaines par bateau, que ces jeunes immigrés nippons débarquent à Marseille. Souvent démunis et méconnaissant complètement notre langue et nos usages, ils doivent relever de grands défis : apprendre la langue française, trouver les bons contacts, démontrer leurs compétences et leur savoir-faire tout en assurant leur subsistance. Leur tâche fut immense, à la hauteur de leur succès. De nos jours, si certains sont restés dans les mémoires, d’autres ont été complètement oubliés. C’est pour cela que nous avons décidé de vous proposer leurs portraits, car ils font partie de notre histoire commune, notamment pour tous les amoureux des arts nippons. Et ils sont nombreux dans notre pays.

 

YUASA Toshiko (湯浅年子) - (1909-1980)

 

 

Quand on pense aux japonais venus tôt en France et qui ont marqué le paysage, on imagine tout de suite des grands maîtres d’arts martiaux, des experts en toutes sortes de techniques, mais on pense peu aux femmes. C’est pourquoi il est grand temps de réparer cette injustice, car l’une des plus éminente personnalité japonaise à venir en France dans les années 50, la plus âgée aussi parmi celles que nous allons présenter est une femme célèbre. Et pour cause. Elle est l’alter ego d’une Marie Curie et tout aussi célèbre qu’elle.

Toshiko YUASA est née en 1909 à Tokyo, elle est la cinquième enfant d’une famille de sept. Son père ingénieur et sa mère littéraire ont tout fait pour pousser leurs enfants vers les hautes études, garçons et filles sans distinction. En 1931 elle est la première femme nippone a étudier la physique, à une époque où très peu de femmes dans le monde faisaient des études universitaires. Diplômée en 1934, elle devient aussitôt professeur adjointe à l’université de Bunrika, à Tokyo.

En 1937-38, elle est très inspirée par la radioactivité artificielle développée par Irène Joliot-Curie, la fille de Pierre et Marie Curie et prix Nobel de chimie en 1935. Mais les conditions de recherches au Japon sont très modestes, aussi elle décide de partir pour la France. Elle arrive en plein début de seconde guerre mondiale en 1940 et travaille sous la direction de Frédéric Joliot-Curie, le mari d’Irène, au collège de France. En août 44, elle reçoit l’ordre de l’ambassade japonaise de quitter Paris pour Berlin en raison de l’avancée des alliés. Elle travaille sur un spectromètre à double focalisation. Berlin prise, les russes lui ordonnent de rentrer au Japon où elle emporte son matériel et elle enseigne à l’école normale supérieure pour femmes de Tokyo, mais interdiction de faire de la recherche nucléaire dès lors que le pays est occupé par les forces américaines.

Jamais découragée par l’adversité, Toshiko YUASA repart en 49 en France où elle restera jusqu’en 73, à travailler pour le CNRS à l’institut de physique nucléaire d’Orsay. Bardée de reconnaissances en France comme au Japon, elle meurt d’un cancer en 1980 dans la ville de Rouen à l’âge de 70 ans. Toute sa vie elle a joué un rôle de modèle pour les femmes scientifiques au Japon. En 2002, l'université féminine d'Ochanomizu fonde le Prix Toshiko Yuasa pour aider des jeunes femmes scientifiques à voyager en France pour continuer leurs études. 

 

AWAZU Shozo (粟津正蔵) - (1923-2016) 

 

M. KAWAISHI et S. AWAZU

 

Nommé 6ème dan de Judo à 26 ans, Shozo AWAZU est envoyé en France par maître KURIHARA, de la Butokukai de Kyoto. C’est maître KAWAISHI, lors d’un voyage au Japon, qui avait demandé à son ami KURIHARA, de lui trouver un assistant pour développer le Judo en France. Ceinture noire depuis l’âge de 13 ans, c’est le jeune AWAZU qui fut désigné pour cette mission d’un an.

AWAZU Sensei débarque à Marseille le 5 juillet 1950 après 28 jours de bateau. Son arrivée est un événement pour le Judo français qui n’a à cette époque que maître KAWAISHI comme référence. Profitant de l’énergie de son jeune assistant, Mikinosuke KAWAISHI organise une série de galas, dont celui de Paris, le 21 octobre 1950, au Vélodrome d'hiver. Pour la première fois, cet événement passionne les médias et pénètre la sphère du grand public. AWAZU rencontre et bat tous les champions de l’équipe de France composée alors de Levannier, Martel, Belaud, Verrier, Roussel, Cauquil, Pelletier, Laglaine et Zin, à l’exception du colosse Jean De Herdt qui obtient le nul. Il devient leur entraîneur sous la responsabilité de Maître KAWAISHI. Partenaire d’entraînement autant qu’entraîneur, AWAZU travaille à construire l’équipe de France qui surclasse alors toute l’Europe et triomphe lors des premiers championnats continentaux de 1951 qui se déroulent à Paris.

Reconnu mondialement pour ses compétences en katas et en tandoku-renshu, AWAZU apporte également son expertise dans un domaine encore inexploré : le travail au sol (ne-waza). En 1953, il devient entraîneur du Racing Club de France. Les champions Henri Courtine et Bernard Pariset, travaillent chaque jour avec AWAZU pendant trois ans. Ils sont les deux premiers Français à participer aux premiers championnats du monde de Judo en 1956. Ils remporteront par la suite de nombreux titres européens et médailles internationales.

Shozo AWAZU s'installe définitivement en France avec son épouse Tamié, dessinatrice et calligraphe de talent. Il participe activement au développement du Judo français et joue un rôle déterminant dans la formation des premières générations d’athlètes et de professeurs. Apprécié pour sa droiture, sa fiabilité et sa modestie, Maître AWAZU participe également à la création du Code moral du Judo français où il occupe une place historique unique. 9ème dan de Judo, il enseignera au Racing Club de France jusqu'à l'âge de 91 ans et dispensera son enseignement aux particuliers jusqu’à son décès en mars 2016.

 

ASHIBE Takumi (芦部 ) - (1934-2019)

 

Takumi ASHIBE et son fils Isao

 

Si les judokas représentent les pionniers des arts martiaux en France, il ne faudrait pas croire que l’influence japonaise se limite à cela. La cuisine nipponne fait également ses premiers pas dans l’Hexagone, notamment avec Takumi ASHIBE.

On ne sait pas grand-chose des origines de Takumi ASHIBE, sauf qu’il est né dans les montagnes japonaises, à Nagano en 1934. Il s’installe à Paris en 1954 et quatre années plus tard il crée le tout premier restaurant japonais de France, le Takara-ya (宝屋, le restaurant des trésors). Celui-ci est situé non loin du Panthéon. Les français découvrant la cuisine japonaise, notamment les premiers sushis, lui firent un triomphe dès les années 50, tant et si bien qu’il dut chercher plus grand. C’est ce qu’il fit en déménageant rue Molière dans le 1er arrondissement de Paris. Le restaurant est toujours ouvert et reste réputé comme étant l’un des meilleurs de France pour la cuisine du pays du soleil levant.

Son fils Isao retourna au Japon et fit sept années d’études en cuisine. Après cela, iI rejoint son père à Paris en 1994 et devient le chef du restaurant. Finalement, en 2007, il part de son côté et crée le restaurant Hotaru dans le 9ème arrondissement, restaurant qui lui aussi continue de prodiguer ses délices à tous ceux qui aiment la nourriture japonaise.

Quant à Takumi ASHIBE, il reste l’homme qui a lancé l’amour des français pour la cuisine japonaise. Une success story jamais démentie puisqu’aujourd’hui les sushis sont vendus même en grande surface. Il s’éteint en 2019 en laissant un immense héritage culinaire.

 

ABE Ichiro (安部一郎) - (Né en 1922)

 

 

C’est un autre judoka qui va faire parler de lui en France au début des années 50. Ichiro ABE découvre l’hexagone en novembre 1951, au cours d'une campagne visant la promotion du Judo Kodokan sur le vieux continent. Âgé de 29 ans, il est envoyé officiellement par le Kodokan en tant que conseiller technique au Shudokan de Robert Lasserre à Toulouse, à la suite de la demande de ce dernier.

Son niveau technique et pédagogique est sans équivalent à cette époque en France. Sa science élaborée du Judo bouleverse la vision de nombreux pionniers français. Il forme ainsi plusieurs professeurs réputés comme Jacques Belaud (c.n n°42), Luc Levannier (c.n n°36), Guy Pelletier (c.n n°7), ou encore Pierre Roussel (c.n n°45).

La rivalité entre la « méthode KAWAISHI» et le style du Kodokan qu’il incarne le pousse à quitter la France pour la Belgique deux années seulement après son arrivée. Nommé entraîneur national de l'équipe de Judo de Belgique, il diffuse sa manière de faire au travers de stages dans la plupart des pays d’Europe.

En 1956, il devient le référent technique de l'Union Fédérale Française Amateurs de Judo Kodokan et organise le premier championnat de cette organisation la même année. Personnalité majeure du Kodokan, Ichiro ABE a été chef de la division internationale de la fédération japonaise de Judo et responsable des titres et promotions du Kodokan. Aujourd’hui âgé de 98 ans, il fut promu au haut grade de 10ème dan en janvier 2006.

 

MINORU Kanō - (1930-2007)

 

Kanō MINORU et son épouse

 

La France, et plus particulièrement Paris, a toujours eu une influence culturelle internationale. Si vous connaissez la Cité universitaire internationale de Paris qui se trouve le long du boulevard des Maréchaux (14e ardt), vous savez qu’elle accueille 12 000 étudiants de 140 nationalités différentes, mais également des chercheurs et des artistes du monde entier. C’est là que débarque Kanō MINORU en 1957. Né à Tokyo 27 ans plus tôt, il n’a qu’un désir lorsqu’il arrive en France : sculpter l'œuvre qui l’inspire le plus, la statuaire romane. Ancien étudiant de l’Université des arts de Tokyo, il intègre l’Ecole des beaux-arts de Paris, puis l’Académie privée de la Grande Chaumière (du nom de la rue dans le 6e arrondissement).

A la Cité universitaire, dans la maison du Japon, il rencontre Missawa MORUBUSE, une jeune journaliste et productrice à Radio France. C’est notamment elle qui interview Jean Cocteau, très affecté par la disparition d’Edith Piaf en 63. C’est aussi la fille d’un intellectuel (MUROFUSHI Takanobu) qui aida à écrire la constitution japonaise d'après-guerre. Ils tombent amoureux et deux ans plus tard, en 59, ils se marient. En bons tokyoïtes, ils firent eux-mêmes les sushis qui étaient alors quasi-inconnus (voir ASHIBE Takumi). Pendant tout un temps, il travaille dans un atelier d’artiste de Nogent sur Marne, notamment en compagnie du sculpteur péruvien Alberto Guzman.

Une fois le couple installé à Noisy-le-sec, Kanō délaisse l’art roman pour l’abstraction. Tout son esprit est occupé par son travail et son plaisir de vivre. Bon mangeur et amateur de bons vins d’un côté, il est surtout toujours en recherche pour trouver les matériaux qui, en les compressant puis en les travaillant, sauront sortir un éclat ou une forme particulière. Ses volumes sont très denses et ses formes résolument modernes. Il travaille d’abord le bois pour finir par le métal et les résines synthétiques. Ses œuvres sont aujourd’hui des références de la sculpture moderne dans le monde. Il décède le 12 février 2007 à l’âge de 77 ans.

 

MOCHIZUKI Minoru (望月稔) - (1907-2003) 

 

 

 

Si vous êtes familier du monde des arts martiaux, il est presque inutile de présenter Minoru MOCHIZUKI tant sa réputation est immense. Disciple des plus grands maîtres japonais de son époque, MOCHIZUKI Sensei étudie notamment le Judo auprès des maîtres KANOet MIFUNE et l’Aïkido sous la direction de Maître UESHIBA. Il est déjà un artiste martial accompli quand il accompagne un groupe d'étudiants pour une conférence sur la globalisation, au siège de l’UNESCO à Genève, en 1951. Débarquant à Marseille, Minoru découvre un dojo de Judo sur la route le menant à son hôtel. Il se joint aux membres du club pour partager l'entraînement avec eux. Le professeur du dojo local fait part de cette rencontre fortuite aux dirigeants de la fédération française qui décident d’inviter Maître MOCHIZUKI à Paris. Il effectue de nombreuses démonstrations et donne quelques cours de Judo dans l’hexagone. Avec l’accord d’O Sensei, il enseigne également un peu d’Aïkido empreint de son style personnel. Enseignant précurseur, MOCHIZUKI Sensei dissémine ainsi les graines de l’Aïkido dans l’importante communauté des judokas français.

C’est au cours de la première édition du Championnat d'Europe de Judo, qui se déroule à Paris en décembre 1951, que Minoru MOCHIZUKI effectue la première démonstration d’Aïki-Jujutsu en Europe devant plus de 10 000 spectateurs. Haut gradé dans plusieurs disciplines, il démontre également le Iaïdo, le Kendo et le Karaté avec les Maîtres KAWAISHI, AWAZU et André Nocquet.

A plusieurs occasions il va confronter sa technique avec d’autres arts martiaux et sports de combat européen au cours de son séjour. Il se lie d’amitié avec le judoka français Marius Lamotte qui l’initie à l’escrime, la canne et la boxe française. L’étude des disciplines européennes l’amène à perfectionner son propre système de self-défense et fait émerger en lui l’idée d’une synthèse des arts martiaux à visée éducative.

Pour d’obscures raisons, MOCHIZUKI sensei est expulsé de France en 1952, mais son départ ne marque pas la fin de sa relation avec notre pays. Lors de son séjour, il fait la rencontre de Jim Alcheik, un jeune judoka prometteur. Ce  dernier vient étudier auprès de lui, à Shizuoka, de 1954 à 1957. Les deux hommes rédigent le premier livre sur l’Aïkido en langue française, intitulé « Ma méthode d'Aïkido Jiu-Jitsu » et le publient en 1956. Chargé de diffuser les enseignements du maître, Jim Alcheik crée la Fédération Française d'Aïkido, de Taijutsu et de Kendo (F.F.A.T.K.) dès son retour en France. Très motivé, il y introduit avec succès, le Karaté et le Kendo dont il organise les premiers championnats de France en 1958.

Afin de l’aider à développer le Karaté et l’Aïkido Jujutsu Yoseikan dans l'hexagone, MOCHIZUKI sensei délègue son fils Hiroo en 1957, puis le karatéka Tetsuji MURAKAMI et les judokas Shoji SUGIYAMA et Mitsuhiro KONDO qui rayonneront respectivement en Italie et en Suisse par la suite. MOCHIZUKI sensei enseigna pendant plus de six décennies dans son dojo de Shizuoka. Précurseur de l’Aïkido en Europe, il joua un rôle majeur dans le développement des Budos Japonais sur le sol français pendant les années 50 et 60.

 

TANAKA Akira (田中 阿喜良) - (1918-1982)

 

 

Les années 50 en France, ne sont pas les plus joyeuses de son histoire. La fin du dernier conflit mondial a laissé des traces importantes et la société est encore largement marquée. Mais un immense espoir d’un avenir meilleur pousse tout le monde à reconstruire le pays et le modifier en profondeur. C’est cette atmosphère que les peintres du moment vont tenter de capturer. Parmi eux, le japonais Akira TANAKA va coucher les visages de l’époque sur la toile. Ce n’est peut-être pas l’une des œuvres les plus importantes de la peinture contemporaine, mais l'œuvre d’Akira TANAKA est celle d’un japonais qui observe la vie des parisiens. Né à Osaka en 1918, il fait ses études à l’Ecole supérieure des beaux-arts de Kyoto en 43, avant d’arriver à Paris en 1959. Il veut vivre le rêve de ses prédécesseurs qui s'installent dès le début du 20e siècle dans la capitale française. A son arrivée en France il a 41 ans et déjà une grande réputation internationale qui lui a permis d’exposer au Japon, aux USA, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Aussitôt il expose au Salon d’Automne (exposition qui a lieu depuis 1903 au Grand Palais, et aujourd’hui à la foire internationale d’art contemporain) et commence à remporter de nombreux prix et réussit à exposer presque tout au long de sa carrière.

Son style est particulier. Il s’agit essentiellement de personnages de la vie courante, des gens du peuple qu’il peint à Paris, mais aussi en Espagne, Italie ou Portugal car comme il le dit “ils ne portent pas de masque”. Pour rendre ce côté rugueux des visages populaires, son style est une sorte de croisement de Fernando Botero (pour les corps) et de Jean Dubuffet (pour le coup de pinceau). Il aime comme Dubuffet, les couleurs sombres ou plutôt “assourdies” traversées de quelques couleurs vives. Il se décrit comme essentiellement quelqu’un qui passe son temps dans la rue à observer. « Il faut d’abord avoir de la sympathie, de la curiosité pour l’être humain à proprement parler et c’est seulement à partir de là que la forme naît. Et comme c’est dans le visage qu'apparaît sans détour l’expression même de l’homme, le visage est un point essentiel dans mes œuvres. ».

Il meurt en 1982 à l'âge de 64 ans. Son œuvre immense (des centaines de tableaux) a été soigneusement récupérée par pas moins de huit musées japonais.

 

ABE Tadashi (阿部正) - (1926-1984) 

 

 

Nous avons évoqué le monde de l’Aïkido avec les toutes premières graines semées dans l’hexagone par Minoru MOCHIZUKI. Mais cet art va s’ancrer davantage avec un homme au caractère singulier : Tadashi ABE. Fils d’un riche homme d'affaires, le jeune Tadashi étudie l’Aïkido dès l’âge de 16 ans auprès du fondateur de l’Aïkido, Maître UESHIBA. Élève interne au dojo d’Iwama, il est incorporé dans la marine impériale pendant la seconde guerre mondiale. Officier dans l’escadron de kamikazes qui pilotent des sous-marins torpilles, il ne doit son salut qu’à l’arrêt des combats.

Âgé de 26 ans et promu 6ème dan, Tadashi ABE est choisi pour succéder à Minoru MOCHIZUKI en tant que représentant officiel du Hombu Dojo pour l'Europe. Il part s’installer à Paris en 1952 et y enseigne l’Aïkido dans le dojo de Maître KAWAISHI, le pionnier de Judo en France. KAWAISHI Sensei l’aide dans sa tâche et lui conseille de codifier les mouvements sous forme de séries pour adapter l'apprentissage de l'Aïkido aux esprits occidentaux. Tadashi ABE suit méthodiquement ce conseil et développe une approche “rationnelle” de l’art basée sur l'apprentissage de séries de techniques “de base”.

Surmontant de nombreuses difficultés, dont la barrière de la langue, ABE Sensei parvient à développer l’Aïkido en France et en Europe, notamment au Royaume-Uni avec l’aide de son ami Kenshiro ABBE, expert de Judo également disciple de maître UESHIBA. En quelques années, plusieurs milliers de pratiquants "se convertissent" à l’Aïkido, présenté à cette époque, comme le “ju-jutsu supérieur”. Homme de défis, ABE Sensei aime combattre et tester ses techniques en situation réelle. Enseignant notamment à la Légion Étrangère, en tant qu’instructeur de close combat, sa pratique est réputée très martiale et axée sur l'utilisation des atemi.

En 1955, il recommande son élève, André Nocquet, auprès de Maître UESHIBA. Ce dernier l'accepte et le forme comme élève interne au Japon durant deux années. C’est le premier disciple français à aller au Japon pour apprendre l’AÏkido. Aidé par son élève Jean Zin, ABE Sensei publie deux ouvrages pédagogiques en français en 1958 et en 1960 intitulés "L'arme et l'esprit du Samouraï japonais" puis "La victoire par la paix”.

Après huit années de travail sur le vieux continent, Tadashi ABE est expulsé de France et retourne dans son pays natal en 1960. Il désigne son élève André Nocquet pour lui succéder et laisse un héritage de plusieurs milliers de pratiquants en France, avec parmi eux de nombreuses ceintures noires. Il fut le premier professeur d’Aïkido à vivre et enseigner sur une longue période en occident. Il avait une très haute estime de l’Aïkido et du fondateur, dont il portait toujours une photo sur lui.

 

SAKURAZAWA Nyoichi (桜沢如) alias Georges OHSAWA - (1893-1966)

 

 

Si vous parlez de Georges OHSAWA, la plupart des gens sauront qu’il s’agit du fondateur de la macrobiotique qui a eu un retentissement immense à travers le monde. Mais peu de personnes connaissent son véritable nom : Nyoichi SAKURAZAWA. L’histoire de cet homme est un tourbillon d’énergie.

Il naît au Japon en 1893, en plein dans la tourmente des débuts de l’ère Meiji, où le Japon féodal se transforme à marche forcée vers un modèle de société moderne et occidentale. Il est né dans une famille pauvre, si pauvre que la tuberculose emporte plusieurs de ses membres. A l'adolescence il est lui aussi diagnostiqué tuberculeux en 1908 et son frère cadet en meurt dans la foulée. On peut imaginer combien cette maladie a été terrifiante pour lui. N’ayant pas les moyens de se soigner par médication, il suit les préceptes du Dr Sagen ICHIZUKA (1851-1909) qui prône de se soigner naturellement, notamment par l’alimentation. En cela il reprend la très ancienne tradition grecque d'Hippocrate qui déclarait “que ton aliment soit ton médicament”. Mais au Japon, c’est davantage vers la tradition chinoise que ce médecin est allé puiser son inspiration, en cherchant à équilibrer le Yin et Yang à travers l’alimentation.  Selon ce médecin, il suffit d’équilibrer les apports en sodium et potassium. Nyoichi est guéri. C’est une révélation pour lui. A partir de là, il va déployer une énergie incroyable. Véritable touche à tout, raconter sa vie c’est écrire plusieurs tomes d’un roman hallucinant. Nous ne reprenons ici que quelques points importants.

 En 1914 il est diplômé de l’école française de Kobe puis fait de l’import-export. Il n’aura de cesse d’étudier et de rechercher l’alimentation dans un but de santé, en croisant les sources extrêmes-orientales et occidentales, dans l’esprit de l’air du temps. Dès 1916 il dénonce déjà l’utilisation des pesticides dans l’agriculture comme facteur qui détériore la santé, dans la revue Shokuyo-Zashi du Dr ICHIZUKA. Il étudie la diététique et la médecine Kanpo et plus tard devient le président la Société des Médecins Traditionnels du Japon. Peu après il crée les premiers brevets de cinéma japonais en modifiant des pellicules Kodak et traduit Les fleurs du mal de Baudelaire. Son énergie est intense car à côté de cela il développe ses affaires d’import-export tout en étudiant et précisant sa pensée du “Principe Unique” qui réunit les pensées orientales et occidentales.

Il fait un 1er voyage à Paris, en transsibérien, entre 1929 et 1931, où il parle de sa philosophie. Il crée une amicale franco-japonaise, étudie à la Sorbonne et à l’Institut Pasteur pour se perfectionner dans la pensée et la science occidentale. Très pauvre, il parcourt les parcs de Paris et se nourrit de plantes sauvages, chose qui revient très fort à la mode aujourd’hui. En 31, il écrit et publie son 1er livre en français (préfacé par René Grousset de l’Académie française et Serge Elisséev, philosophe, excusez du peu) : “Le Principe Unique de la Philosophie et de la Science d’Extrême Orient”. Mais plus fort encore, il va aider et collaborer avec Georges Soulié de Morant (jusqu’en 35) pour l’aider à faire connaître l’acupuncture en France. Lorsque Soulié de Morant réunit ses 1ers étudiants, Nyoichi fait la cuisine selon ses principes macrobiotiques. En d’autres termes, dès l’arrivée de l’acupuncture en France il y associe les principes de la diététique chinoise.

Son travail intense débouche sur une méthode qui lui est propre et qu’il nomme la Macrobiotique, terme repris aux grecs anciens. C’est à la fois une manière de s’alimenter, de cuisiner, mais aussi de vivre la vie, une véritable philosophie pratique et intellectuelle à la fois, dont le but est d’augmenter le jugement de l’individu. Dès lors, il va consacrer son temps à croiser des études avec des chercheurs occidentaux, à enseigner et donner des conférences, car il est persuadé que sa méthode pour apporter la paix dans le monde. En cela, il n’est pas très loin d’un Morihei UESHIBA (qu’il rencontrera d’ailleurs), mais avec une approche très différente. Dès 1953 il voyage à travers le monde et enseigne de manière systématique les principes de sa macrobiotique. Il séjourne surtout en France, en Belgique et aux Etats-Unis où il aura comme disciple un certain Michio KUSHI (1926-2014) qui est aussi un maître de Shiatsu dont l’un de ses étudiants fameux est Frans Copers, ancien président de la Fédération Européenne de Shiatsu.

Il faut imaginer la foi qui anime celui qui signe désormais Georges OHSAWA. Par exemple, il va en Afrique, jeûne 54 jours tout en parcourant 7000 Km et en donnant des conférences. Il rencontre le célèbre Dr Schweitzer au Gabon, contracte des ulcères tropicaux (mortels à l’époque sans médicaments) et se guérit grâce à ses principes de macrobiotique afin de convaincre le docteur. En vain !

En France, en 1957 il crée son premier camp d’été à Chelles, qui sera ensuite connu sous le nom de “camp des miracles” en raison de l’impressionnant nombre de guérisons. L’année suivante il obtient la médaille d’argent de la ville de Paris. Il enseigne à plusieurs disciples qui vont à leur tour répandre la macrobiotique. On y trouve René Levy (à Saint-Gaudens) et Françoise Rivière (à Paris). Pour être sûr d’être bien compris par son public français très à l’écoute à partir des années 60, son secrétaire particulier, Clim YOSHIMI a traduit un grand nombre de ses ouvrages en français, ainsi que Roland YASUHARA et Josiane BAGNO en Belgique... 

Georges OHSAWA est également à l’initiative de la venue d’Aritoshi MURASHIGE en Belgique.  Proche disciple de Maître UESHIBA, cet authentique budoka était gradé dans de nombreuses disciplines. Pionnier de l’Aïkido en Europe, il contribua au développement des Budos Japonais sur le vieux continent.

En 65, il organise son dernier camp d’été en France, puis rentre au Japon pour organiser les 1ers Jeux Olympiques Spirituels et Culturels, dont le secrétaire général n’est autre que le futur grand maître de Zen, Taisen DESHIMARU. Il meurt en 1966 d’une attaque cardiaque alors qu’il répond à son courrier. Jusqu’à son dernier souffle, il aura travaillé sans relâche à la paix et à la santé. Georges OHSAWA aura marqué non seulement la France, mais le monde entier.

 

MICHIGAMI Haku (道上伯) - (1912-2002) 

 

 

Les judokas représentent une part importante des personnalités nippones qui viennent s’installer en France au cours de cette décennie. Promu ceinture noire à 15 ans, le jeune MICHIGAMI intègre la célèbre école supérieure des arts martiaux de Kyoto (Busen) en 1934 pour devenir professeur de Judo. Il est formé pendant quatre ans par les plus grands maîtres de l’époque, tous 9ème ou 10ème dan. Élève brillant, il obtient sa licence de professeur en se classant second sur plus de six cent étudiants.

Excellent combattant, Haku remporte de nombreux succès en compétition, notamment les prestigieux tournois Kashihara - Jingou en 1941 et Meiji Jingou en 1942. Promu 7ème dan en 1951, il est choisi par le maître Tamio KURIHARA pour aider à promouvoir le Judo en France. Ce dernier répondant favorablement à la demande du président de la Fédération Française de Judo, Paul Bonét-Maury.

A l’instar des maîtres KAWAISHI et AWAZU, tous deux issus de l’école Busen de Kyoto, il arrive en France en juillet 1953 pour un contrat d’un an, sans rémunération mais avec un billet d’avion aller-retour. Bien qu'étant âgé de quarante ans, MICHIGAMI reste un technicien exceptionnel et un enseignant hors pair. A son arrivée, il sort vainqueur d’un affrontement avec dix ceintures noires de l’équipe de France par dix ippons en seulement six minutes et trente secondes. Domicilié à Bordeaux, où il crée l’école de Judo MICHIGAMI, il alterne quinze jours de présence dans le sud-ouest et quinze jours à Paris dans le dojo de maître KAWAISHI pour les cours des ceintures noires.

La réputation de son expertise s'étend rapidement aux autres régions puis aux autres nations. MICHIGAMI Sensei devient le directeur technique des stages nationaux pour la Tunisie, l’Algérie et le Maroc en 1954. Puis l’année suivante, il est nommé Directeur technique de la Fédération Hollandaise de Judo où il enseigne sa méthode au futur champion du monde et olympique, le géant Anton Geesink.

Nommé Directeur technique du Collège National des Ceintures Noires de France en 1956, il anime pendant quarante années un stage international à Bordeaux, regroupant de nombreux hauts gradés étrangers. Devenu une référence internationale, il forme plusieurs milliers de ceintures noires et distille son enseignement dans une trentaine de pays à travers le monde au cours des décennies suivantes.

Maître Michigami est promu 9ème dan de Judo en 1975, élevé au rang de Chevalier de l'Ordre National du Mérite de France en 1981 et décoré du Rayon d’Or avec rosette de l'Ordre du Soleil Levant (4e rang Impérial) par l'Empereur du Japon en 1987. Très attaché aux valeurs traditionnelles du Budo et du Judo, il pratiquera quasi quotidiennement jusqu'à son décès en août 2002 survenu à l’âge de 90 ans.

 

MOCHIZUKI Hiroo (望月 拡雄) - (Né en 1936)   

 

 

Fils de Minoru MOCHIZUKI, le jeune Hiroo débute la pratique du Kendo, de l'Aïkido et du Judo avec son père Minoru dans son dojo Yoseikan de Shizuoka. Âgé de 19 ans, Hiroo part faire des études de vétérinaire à Tokyo et y étudie en parallèle le Karaté de style Shotokan.

Sollicité par son élève français, Jim Alcheik, Minoru MOCHIZUKI envoie alors son jeune fils en France pour y enseigner le Karaté. Hiroo débarque à Marseille en juillet 1957. Il réside tout d’abord chez Jean Azema à Toulon puis à Paris chez Henry Plée. Deuxième dan de Karaté, Hiroo MOCHIZUKI devient le premier japonais à présenter la discipline en Europe. Il effectue des stages en France, en Belgique et au Portugal avant de retourner au Japon, en décembre 1958, pour reprendre ses études de vétérinaire.

À son retour, il enrichit sa pratique du Karaté de style Wadō-ryū auprès de Shinji MICHIHARA. Il reçoit son diplôme de vétérinaire en 1962.

Suite à la disparition de Jim Alcheik, ses proches élèves sollicitent naturellement l’aide de Minoru MOCHIZUKI. Ne pouvant venir lui-même en France pour raisons professionnelles, il dépêche son fils aîné pour la seconde fois. Hiroo revient à Paris en février 1963. Délégué initialement pour quelques mois, il décide de s’installer définitivement en France. Conseiller technique des sections de Karaté et d’Aïkido de la F.F.A.T.K., Hiroo effectue de nombreuses démonstrations, enseigne l’Aïkido, le Judo et introduit le Karaté Wadō-ryū en Europe et en Afrique.

Acteur du développement du Karaté, Hiroo Mochizuki Sensei participe, en qualité de conseiller technique, aux créations de l’Union Française de Karaté et de l’Union Européenne de Karaté, toutes deux fondées en 1966.

Avec l’accord de son père, Hiroo fonde sa propre école qu’il nomme Yoseikan Budo en son hommage. En mars 1975, Hiroo crée officiellement la Fédération Française de Yoseikan Budo puis le Centre International du Yoseikan Budo trois ans plus tard. Enfin, il participe à la création de la Yoseikan World Fédération en 1997 dont il devient le Président.

A l’instar de son père, Hiroo MOCHIZUKI Sensei est un budoka complet, gradé dans de nombreuses disciplines. En 2016, il est promu au grade de 10ème dan par la Fédération Française de Karaté devenant ainsi le plus haut gradé français de la discipline. Aujourd’hui encore, il continue d’enseigner.

 

MURAKAMI Tetsuji (村上 哲次) - (1927-1987) 

 

 

Natif de Shizuoka, Tetsuji pratique la nage, la course à pied et le Sumo dès son enfance. À l'école, il préfère le Kendo au Judo et atteint le grade de 2ème dan. À 19 ans, il entre au dojo de Karaté Shotokan de Masaji YAMAGUCHI, l'un des premiers élèves de maître FUNAKOSHI, le fondateur de ce style. MURAKAMI obtient son 1er dan après trois années de pratique intense. Il apprend également l'Aïkido et le Iaïdo, au dojo Yoseikan, sous la houlette de Minoru MOCHIZUKI.

Répondant à l'appel d'Henry Plée, par l'intermédiaire de Jim Alcheik, MOCHIZUKI Sensei encourage son disciple MURAKAMI à se rendre en France pour développer le Karaté. Bien qu’il soit marié et père de deux garçons, Tetsuji accepte la proposition et débarque à Marseille en février 1958. Âgé de 30 ans, titulaire du 3ème dan de Karaté et du 2ème dan de Kendo, il devient le premier « expert » japonais de Karaté à s'installer dans l’hexagone.

Il exerce pendant un an au dojo d’Henry Plée, situé rue de la Montagne Sainte-Geneviève, où il enseigne le Karaté Shotokan mais également le Kendo, le Iaïdo et l’Aïkido. A la suite de ce premier contrat, MURAKAMI Sensei décide de s’établir durablement à Paris. Il enseigne le Karaté et le Kendo à un petit groupe d’élèves au siège de la Fédération de Judo et du Collège des ceintures noires, boulevard Blanqui.

Doué techniquement, vif et très rapide, sa renommée le conduit à diriger de nombreux stages de Karaté en Allemagne, en Angleterre, en Italie et en Algérie dès 1959. Son enseignement traditionnel, strict et particulièrement exigeant, marque le paysage martial européen. Rejoint par sa famille, il ouvre son premier club à la Cité Universitaire de Paris puis rue Cambronne et enfin au dojo de la rue Mercoeur en 1962. C’est à cette période que le jeune Elvis Presley, stationnant alors avec l’armée US dans la capitale française, étudie sous sa direction pendant une semaine.

Pratiquant et enseignant le style Shotokan pendant plus de 20 ans, Murakami Sensei découvre l’école de Karaté Shotokai après sa rencontre avec Shigeru EGAMI au cours d'un voyage au Japon en 1968. Cette école apportant quelque chose qui n'était pas présent dans le Shotokan est une véritable révélation pour lui. Il adopte ce style à son retour en France et devient, à la demande de maître EGAMI, le délégué officiel du Shotokai pour l'Europe en 1976. MURAKAMI Sensei modifie sa forme d'enseignement et tente de convaincre et de faire partager à ses élèves de l'époque son changement de pensée et de conception.

Il crée l'association Murakami-Kaï en 1969 puis l’association Shotokai-France en 1986. Souffrant d’une longue maladie, ce pionnier du Karaté et du Kendo en France, s’éteint le 24 janvier 1987 à Paris. Outre son pays d’adoption, il enseigna régulièrement en Italie, en Grande Bretagne, au Portugal, en Suisse et en Belgique, pendant presque trente années. Son influence technique s'exerça également en Yougoslavie, au Maroc, en Algérie, en Angola et même aux Etats Unis.

Lien vers l'article publié par Ivan BEL sur son site www.fudoshinkan.eu

 

 

 

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