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Michio HIKITSUCHI

(1923-2004)

10ème dan d'Aïkido

 

Ecrit par Nicolas DE ARAUJO

 

 

 

Michio HIKITSUCHI est né le 14 juillet 1923 dans un village proche de la ville de Shingu, une petite ville côtière dans la préfecture de Wakayama.

Orphelin dès son jeune âge, son père décède quand il a deux ans et sa mère quand il est âgé de sept ans, Michio est élevé par sa grand-mère. Pratiquante de Naginata (hallebarde), elle l'oriente vers la pratique des arts martiaux pour éviter qu'il ne se disperse. Il débute tout d’abord par le Judo et le Kendo à 9 ans, puis l'art du Yari (lance), du Bajutsu (art de monter à cheval), du Shuriken (art du lancer) du Iaïdo ou encore du Karaté Go-Ju-Ryu.

Michio rencontre pour la première fois Morihei UESHIBA en 1937. Maître UESHIBA qui est originaire de la ville de Tanabe, une ville voisine de Shingu, est un ami de sa grand-mère. C'est Yoshihiro KUBO, à l'initiative de la venue du maître, qui lui présente le jeune garçon de 14 ans, récent vainqueur d'une compétition locale d'arts martiaux.

A cette époque UESHIBA Sensei n'enseigne pas publiquement son art, alors appelé Aïki-Budo ; pour devenir son élève, il faut être recommandé par cinq garants. Cependant O Sensei accepte Michio comme disciple, malgré son jeune âge, et lui dit "tu es né pour faire du budo. Tu dois étudier l'Aiki budo !". Michio deviens ainsi le premier élève adolescent de Maître UESHIBA.

Très reconnaissant et impressionné par UESHIBA Sensei, Michio décide de mettre toute son énergie à son service. Il considère son art comme la plus haute expression du budo japonais et pour mieux assimiler ses enseignements, il étudie, en parallèle de son entrainement technique, les classiques du shintoïsme tels que le Kojiki, le Nihongi ainsi que le bouddhisme Zen.

En 1939, la seconde guerre mondiale éclate et sépare les deux hommes. Durant le conflit, HIKITSUCHI enseigne le Budo aux cadres de l’armée au Japon puis en Corée.

La guerre du pacifique terminée, Michio reprend le cours de sa vie à Shingu, il continue l’étude des arts martiaux et exerce le métier de comptable dans une société d'exploitation du bois.

En 1949, alors qu’il dirige un cours de kendo, le téléphone sonne : au bout du fil c’est Maître UESHIBA, alors en pèlerinage au sanctuaire de Kumano, qui lui demande de le rejoindre ! C’est ainsi qu’ils se retrouvent pour une nuit de discussion ou O Sensei lui explique que : "le budo n'a pas suivi la bonne direction, qu'il a été pratiqué dans un but de destruction" et l’invite a le suivre dans sa nouvelle voie : l’Aïkido.

L'art du fondateur, de part sa nature non-violente, est le premier art martial à être autorisé par les autorités américaines depuis la défaite de 1945. HIKITSUCHI Senseï décide immédiatement d'abandonner son travail et ses pratiques martiales pour se consacrer exclusivement à la construction d'un dojo dédié à l'aïkido. 

En 1951, il reprend la pratique sous la direction d'O Sensei lors d’une de ses visites dans le Kansai.

En 1954, après plusieurs années de construction et l'aide de Maître UESHIBA, un dojo de 21 tatamis, nommé Kumano Juku est enfin inauguré à Shingu.

O Sensei vient y enseigner tous les deux mois environ. Il effectue à chacune de ses visites, un pèlerinage au sanctuaire de Kumano, aux chutes Nachi et au sanctuaire de Hayatama.

Souhaitant comprendre tous les enseignements du Fondateur, Maître HIKITSUCHI les enregistrent sur des cassettes audios durant les cours.

En août 1957, HIKITSUCHI Sensei reçoit des mains du fondateur le rouleau (Makimono) du bâton long de l’aïkido (Masakatsu Bo-Jutsu) et du maniement du sabre (shochikubaï no ken), attestant de sa capacité à en transmettre les enseignements.

En 1959, la surface du kumano juku dojo est à nouveau agrandie pour être portée à 64 tatamis.

En 1969, HIKITSUCHI Sensei est l’un des plus jeunes 8ème dan, il a alors 46 ans. Au cours de  l'entraînement du 10 janvier, en présence de cinq témoins, O Sensei arrête le cours et lui dit : "je t'ai tout donné Michio san. Aujourd'hui je te donne le 10ème dan. Accroche-toi". Il devient ainsi le seul à se voir remettre le grade le plus élevé directement du fondateur. 

Malheureusement, peu de temps après, Maître UESHIBA tombe malade. HIKITSUCHI Shihan se rend à Tokyo et reste auprès de lui durant un mois, le 25 avril il retourne à shingu pour apprendre le 26 avril la mort de ce dernier.

Lors des obsèques, la barbe du fondateur est rasée et confiée à HIKITSUCHI Sensei qui la dépose comme relique sur l'autel du kumano juku dojo, le 26 juin 1969. Depuis cette date, une cérémonie du souvenir, dirigée par des prêtres shinto, se déroule tous les 26 de chaque mois.

1969 est une année très éprouvante pour Maître HIKITSUCHI, après la mort de son maître, son fils de 13 ans meurt soudainement le 20 mai.

Au début des années 70, les uchi-deshi étrangers sont de plus en plus nombreux à venir, en particulier les américains. Le dojo de Shingu s'agrandit en 1971, avec une nouvelle surface de 106 tatamis.

Fidèle à l'enseignement du Fondateur, Maître HIKITSUCHI développe une pratique presque ascétique. Il se lève chaque jour à 6 heures du matin pour réciter des prières bouddhistes pour les personnes disparues, puis il prie devant la photo de Maitre UESHIBA avant de dispenser le premier cours à 6h30.

HIKITSUCHI Shihan considère que sa mission est de porter la parole d'O Sensei dans le monde entier. A cet effet, il se rend aux Etats-Unis en 1974 et en 1978.

En 1981, il sollicite Gérard BLAIZE, son élève depuis 1975, pour se rendre en Europe. Les élèves étant encore peu nombreux, il doit attendre 1984 pour effectuer son premier voyage sur le vieux continent. Maître HIKITSUCHI renouvelle sa venue en Europe chaque année jusqu'en 1988 où cette année-là, malheureusement il ne peut venir. Malade d'un cancer, HIKITSUCHI Sensei doit subir deux interventions chirurgicales importantes. Suite à ces stages, l’Association Française d’Aïkido Traditionnel du Japon (AFATJ) est crée pour mieux le recevoir et assurer la continuité de son enseignement.

Le 23 mai 1985, Michio HIKITSUCHI et son élève américain Clint GEORGE effectuent une démonstration devant l'ancien président des États-Unis Jimmy CARTER et sa famille, alors en visite officielle au Japon.

Le 17 mars 1991, HIKITSUCHI shihan reçoit au Nihon Budokan de Tokyo des mains du Doshu Kisshomaru UESHIBA, un diplôme et une décoration pour sa contribution particulière depuis plus de cinquante ans à l'enseignement et au développement de l'Aïkido. 

En 1992, la santé d'HIKITSUCHI Sensei s’améliore et lui permet de retourner en Europe. Pendant plusieurs années, il dirige des séminaires en France, en Espagne et en Finlande.

Maître HIKITSUCHI, accompagné de Gérard BLAIZE, effectue une démonstration d'aïkido au siège de l'UNESCO, à Paris, en 1995.

A partir de 1998, sa santé se dégrade, il lui est alors impossible de revenir sur le vieux continent. Il continue cependant d’enseigner à Shingu, assisté par les plus anciens membre du dojo.

Michio HIKITSUCHI s'éteint le 2 février 2004 à l’âge de 80 ans.

 

Shihan 10ème Dan, Michio HIKITSUCHI eut une relation privilégiée avec Morihei UESHIBA, qu'il considérait comme son père et dont il fut un disciple à la fidélité exemplaire. Très proche du fondateur, dont il écoutait quasi quotidiennement la voix sur des enregistrements audios, HIKISTUCHI Shihan a consacré toute son existence à la diffusion de l'aïkido. Voyageant à travers trois continents, il fut le professeur de nombreux gradés japonais, américains et européens dont Motomichi ANNO (shihan 8ème dan et dojo cho du Kumano juku), Yasushi TOJIMA (6ème dan), Motoichi YANASE (7ème dan), Tomio ISHIMOTO (8ème dan), Tsutomu SUGAWA (7ème dan), Kiichi HINE, Clint GEORGE (6ème dan), Mary HEINY (6ème dan), Jack WADA (7ème dan), Linda HOLIDAY (6ème dan), Laurin HERR (6ème dan), Tom READ, John SMARTT, Daniel CASLIN, Peter SHAPIRO (6ème dan), Jürg STEINER (6ème dan), Diego ESPINOSA (6ème dan), Gérard BLAIZE (7ème dan), Jean-Charles WALTÏ (6ème dan), Joël CHEMIN (6ème dan) ou encore Bernard BLEYER (7ème dan). Grâce à ses disciples, son enseignement, est présent aujourd'hui a travers la planète, notamment en France, en Espagne, en Suisse, en Allemagne, en Italie, en Finlande, en Angleterre, en Russie, au Kazakhstan, en Crète et au Chili.

Descendant d'une famille de guerriers, il était gradé dans plusieurs arts martiaux mais également dans d'autres arts traditionnels japonais tels que l'arrangement des fleurs (ikebana), la cérémonie du thé (sado) et le luth japonais (koto) dont il obtiendra le grade de 6ème dan.

 

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